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Accès aux soins: les médecins étrangers font partie de la solution

Dr Michel Tran

Photo Chantal Poirier

Au Québec, il y a un grand problème d'accessibilité aux soins. D'un côté, il y a l’accès restreint aux soins de première ligne; d'un autre côté, les médecins de famille tiennent à bout de bras les hôpitaux. Cependant, la formation de médecins, ainsi que d'infirmières praticiennes spécialisées (IPS), prend énormément de temps. La population s'attend à des résultats rapides.  

La solution à l'accès aux soins passe par les médecins étrangers. 

Pour pratiquer, un médecin étranger DHCEU («Diplômé hors Canada, hors États-Unis») doit d'abord détenir un doctorat en médecine faisant partie de la liste reconnue par le Canada des écoles de médecine du monde. Le candidat doit ensuite faire les examens nationaux canadiens et les examens linguistiques. Il doit enfin faire deux ans de stages obligatoires (résidence) pour pouvoir pratiquer. 

Accès restreint aux stages

Or, le problème est que l'accès à ces stages obligatoires est restreint. Chaque année, des centaines de candidats ayant rempli toutes les exigences sont refusés, bien que des places en stage soient laissées vacantes (75 en 2021; 425 en 8 ans). Aucune justification n'est donnée. 

Si ces 425 places laissées vacantes avaient été occupées, le GAMF (Guichet d'accès à un médecin de famille) aurait déjà été vidé avant la pandémie. On aurait 425 médecins supplémentaires (+- 425 000 patients d'inscrits supplémentaires). Si nous regardons les statistiques officielles de la RAMQ, prépandémie, en date du mois d'avril 2018, il y avait 420 464 patients en attente sur le GAMF... En d'autres mots, si les deux gouvernements précédents avaient donné une chance aux candidats étrangers plutôt que de les refuser sans motifs, le GAMF aurait été vidé nettement avant la pandémie. Les gouvernements libéraux et caquistes ont choisi de ne pas donner un médecin de famille à tous. 

Une aide rapide

Depuis le départ de médecins, la situation s'est grandement détériorée. La liste compte désormais 879 211. Les DHCEU peuvent toutefois améliorer le système. Avec les 75 places en résidence encore vacantes cette année, on pourrait déjà octroyer les stages obligatoires à 75 candidats par année. On parle d'une prise en charge de 75 000 patients supplémentaires par année (8,5%). 

À l'intérieur d'un mandat de quatre ans, on parle de 25,5% à 34% à eux seuls. Nous parlons de résultats mesurables, réalistes, concrets, facilement applicables et rapides. Pour ce qui est des coûts, considérant qu'il y avait déjà des fonds alloués à ces places libres en résidence et considérant que l'enveloppe budgétaire des médecins de famille est fixe, il n'y a aucune nouvelle dépense avec cette mesure. La même enveloppe budgétaire sera répartie sur un plus grand nombre de médecins (aucun coût de plus). 

Oui, la délégation des tâches et la formation de nouveaux médecins et d'IPS font partie aussi de la solution, mais cela prend d'innombrables années. Il faut des IPS pour pouvoir déléguer aux IPS. La contribution des DHCEU peut certainement aider d'ici là. 

Michel Tran, MD, CM, CCFP

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