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Intervention policière controversée: «On ne va pas lâcher le morceau»

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye

Photo d'archives

Mbaï-Hadji Mbaïrewaye

Il y a des biais raciaux au sein du Service de police de la Ville de Québec et l'arrestation musclée d’un jeune homme noir vendredi en est la preuve, estime le collectif d’organisations de la communauté noire de Québec.

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Les événements de vendredi démontrent, une fois de plus, que la problématique est bien présente dans la ville de Québec, soutient Mbaï-Hadji Mbaïrewaye, un membre du collectif.

Il est revenu sur vandalisme de la murale du Vieux-Québec dénonçant le racisme systémique survenue deux fois en moins d’un mois, l’été dernier.

«M. Labeaume (ancien maire) avait répondu par un silence assourdissant et la police avait nié. Voilà! On a la preuve, là. Est-ce que le nouveau maire et la police peuvent continuer de dire qu’il n’y a de profilage racial», se questionne M. Mbaïrewaye.

Il indique être en contact avec Pacifique Niyokwizera, le jeune homme concerné par l’arrestation, ainsi que sa famille.

«Les jeunes auraient entendu les policiers dire: retournez à Montréal, poursuit M. Mbaïrewaye. Ils ont fait référence aux gangs de rue. Donc, on associe ici les jeunes noirs aux gangs de rue. Ça, c’est un discours connu».

Le collectif d’organisations de la communauté noire de Québec ne compte pas laisser passer cette arrestation «inacceptable».

«Souvent, on ne voit pas de suite. Est-ce que cette fois-ci il y en aura une? Nous, on ne va pas lâcher le morceau», assure M. Mbaïrewaye.

Écoutez l’entrevue de Fabrice Vil, avocat, entrepreneur social et chroniqueur:

Pas surpris 

Maxim Fortin, coordonnateur à la Ligue des droits et libertés (LDL), a qualifié l’intervention policière «d’intolérable».

«C’est un peu l’illustration de ce que l’on dénonce depuis plusieurs années. Malheureusement, de voir ça, ça ne nous surprend pas. Ça nous désole, ça nous choque et ça nous motive à continuer», fait-il valoir.

M. Fortin indique qu’il est important d’éclaircir les circonstances qui ont mené à l’arrestation musclée.

«Mais on a aussi avantage à en savoir plus sur l’intervention des policiers», fait-il remarquer.

À son avis, le profilage est un problème à régler, mais les techniques d’intervention sont également à changer.

«Est-ce nécessaire de maîtriser un suspect de cette façon-là?», se questionne M. Fortin, en référence à l’arrestation de Pacifique Niyokwizera.

Il souhaiterait que le SPVQ mette sur pied une base de données sur l’appartenance raciale d’un individu lors d’interventions policières et que les informations collectées soient publiques.

Le collectif d’organisations de la communauté noire de Québec évalue la possibilité de tenir une manifestation en lien avec l’événement en fin de semaine prochaine.

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