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Le procès de Ghislaine Maxwell s'ouvre à New York

«Une femme dangereuse» accusée d'avoir préparé de jeunes filles pour un «prédateur»: deux ans après le suicide en prison du milliardaire accusé de nombreux crimes sexuels Jeffrey Epstein, le procès de son ex-compagne Ghislaine Maxwell a commencé lundi à New York.

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La fille du magnat de la presse décédé Robert Maxwell, âgée de 59 ans, est détenue aux États-Unis depuis l'été 2020 et encourt la prison à vie au terme de débats qui doivent durer six semaines, pour que les douze jurés déterminent si elle a participé au vaste trafic sexuel dont était accusé l'homme d'affaires, mort en prison en 2019.

Concrètement, elle est soupçonnée d'avoir joué le rôle de «rabatteuse», en recrutant entre 1994 et 2004 de jeunes filles mineures exploitées sexuellement par Jeffrey Epstein, avec lequel elle a entretenu pendant près de 30 ans une relation amoureuse, amicale et professionnelle.

Elle «était dangereuse. Elle préparait de jeunes filles à être agressées par un prédateur» en les mettant à l'aise, en confiance, et en faisant semblant de leur donner de l'importance, a décrit la procureure Lara Pomerantz en ouvrant les débats.

Mais l'une des avocates de Ghislaine Maxwell, Bobbi Sternheim, l'a au contraire dépeinte comme «la cible de la colère de femmes, qui ont été ou qui pensent avoir été abusées par Epstein», grand absent du procès.

Agitée 

Dans la salle d'audience de la cour fédérale de Manhattan, Mme Maxwell, ancienne femme mondaine née dans un milieu privilégié, est apparue agitée dans son pull beige, ôtant puis retirant ses lunettes, touchant souvent son visage et passant beaucoup de notes à ses avocats.

La Franco-Américano-Britannique, qui s'est plainte de ses conditions de détention, se dit innocente et plaide non coupable des six chefs d'inculpation. Elle ne devrait pas s'exprimer à l'audience.

Écoutez la chronique d’Alexandre Moranville-Ouellet, recherchiste à QUB radio et animateur du balado Ce n’est qu’une théorie:

Sa défense devrait plaider que les crimes présumés remontent à plus de 20 ans - une psychologue éclairera le tribunal sur le phénomène des «faux souvenirs» - et surtout que Ghislaine Maxwell est jugée en lieu et place du principal protagoniste, Jeffrey Epstein.

L'avocate Bobbi Sternheim cherche à l'inverse à ramener le dossier à «une affaire de mémoire, de manipulation et d'argent».

De son côté, l'accusation se fonde sur quatre plaignantes anonymes -- dont deux n'avaient que 14 et 15 ans -- qui racontent avoir été approchées par des «rabatteuses», dont Mme Maxwell, près de leur école ou à leur travail.

Après le cinéma et le magasinage «entre copines», les jeunes filles étaient persuadées, pour quelques centaines de dollars, de venir faire un massage, présenté comme non sexuel, à un puissant New-Yorkais prêt à faire décoller leur carrière.

«Elle gagnait leur confiance», mais «elle savait exactement ce qu'Epstein allait faire à ses enfants quand elle les envoyait dans ses salles de massage», a expliqué la procureure, qui a évoqué le «cauchemar» des victimes.

D'après l'accusation, Ghislaine Maxwell aurait également participé aux agressions sexuelles avec son compagnon, soit chez elle à Londres, soit chez lui à Manhattan, en Floride et au Nouveau-Mexique.

Prince Andrew, Clinton, Trump 

«Pour ma cliente (...) il n'y aurait pas eu de Jeffrey Epstein sans Ghislaine Maxwell (...) C'était comme une revendeuse qui apportait sa drogue à Epstein, et sa drogue c'était de jeunes filles», a déclaré devant le tribunal Lisa Bloom, avocate de plusieurs victimes présumées de Jeffrey Epstein, dont une également de Maxwell.

L'ombre de Jeffrey Epstein sera évidemment omniprésente, plus de deux ans après son suicide qui a privé ses victimes d'un procès.

Le milliardaire avait bien été condamné en Floride en 2008 pour avoir payé de jeunes filles pour des massages. Mais il n'avait fait que 13 mois de prison à la suite d'un accord confidentiel avec le procureur de l'époque.

Une autre ombre planera sur le procès Maxwell: celle du prince britannique Andrew, un proche d'Epstein, cible depuis août d'une plainte distincte pour «agressions sexuelles» déposée par une Américaine, Virginia Giuffre.

Cette plainte devrait être examinée fin 2022 devant un tribunal civil à New York, même si le second fils de la reine Elizabeth II n'est pas poursuivi au pénal et nie ces faits qui se seraient déroulés entre 2000 et 2002, lorsque Virginia Giuffre était mineure.

D'autres noms pourraient être cités dans le procès Maxwell: les anciens présidents américains Bill Clinton et Donald Trump, en raison de leur présence à des fêtes new-yorkaises, et l'ex-agent français de mannequins Jean-Luc Brunel, ami d'Epstein, inculpé et écroué à Paris en décembre 2020 pour viols et agressions sexuelles.

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