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Menacée par un cartel après son expulsion du Québec

La famille Banuelos trimbale ses valises au Mexique, après avoir été déportée du Canada. De gauche à droite, on aperçoit Areli, la mère Miriam, Noami, Sarah, Michelle et le père, Juan Carlos.

Photo courtoisie

La famille Banuelos trimbale ses valises au Mexique, après avoir été déportée du Canada. De gauche à droite, on aperçoit Areli, la mère Miriam, Noami, Sarah, Michelle et le père, Juan Carlos.

Une famille renvoyée au Mexique après avoir vécu deux ans au Québec vit maintenant dans la hantise d’être la cible d’un dangereux cartel de drogues.

• À lire aussi: Une famille mexicaine risque la déportation

« [Au Québec], nous étions libres. On pouvait dormir. Ici, non, souffle Juan Carlos, le père de la famille Banuelos. Nous sommes désespérés maintenant. »

Depuis son retour forcé au Mexique avec sa femme, Miriam, et ses quatre enfants âgés de 3 à 15 ans, il dit devoir changer d’emplacement tous les quatre ou cinq jours pour éviter d’être retracé par des criminels. 

De simples sorties comme aller acheter de la nourriture et fréquenter des proches sont risquées.

Un pays sécuritaire

Les Banuelos craignent pour leur survie après avoir été déportés au début novembre. Leur demande d’asile a été refusée par le gouvernement canadien, car le Mexique est jugé sécuritaire.

Pourtant, la famille avait quitté le pays en 2019, quelques mois après que le père de 36 ans avait été kidnappé de chez lui et battu par des membres du puissant cartel de drogues de Sinaloa. 

M. Banuelos dit avoir été ciblé parce qu’il travaillait au ministère de la Justice mexicain et avait accès à des informations importantes sur des employés gouvernementaux.

« C’était une façon de me forcer à travailler pour le cartel », soutient l’homme qui porte encore des cicatrices de l’attaque. 

Apprendre le français

Après qu’il eut refusé de collaborer avec ces bandits, il a été impossible pour les Banuelos de se sentir en sécurité. Ils ont donc pris le chemin de Saint-Lambert, sur la Rive-Sud de Montréal.

« Ce n’est pas toutes les familles qui arrivent comme demandeurs d’asile et qui sont dans cet état de détresse », indique Cécilia Mendoza, une bénévole qui a aidé les six Mexicains dès leur arrivée au Québec.

Presque tous ont été en mesure d’apprendre le français, et le père était parvenu à décrocher un emploi à l’établissement de détention de Rivière-des-Prairies, à Montréal. 

Maintenant de retour dans leur pays d’origine, tout est à recommencer. 

Les Banuelos espèrent qu’ils reviendront au Canada en plaidant à nouveau que leur vie est en jeu, mais ils devront attendre plusieurs mois avant d’avoir une réponse d’Ottawa.

« Nous sommes une bonne famille », insiste Juan Carlos Banuelos.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a refusé de commenter « sans le consentement des personnes concernées ».

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