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19,4 millions $ pour la réussite scolaire

Québec investit 19,4 millions $ pour la réussite des élèves autochtones. Du nouveau matériel scolaire, plus de soutien pédagogique et une révision du curriculum font partie du plan.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, croit qu’il est temps d’un changement en ce qui concerne le programme scolaire. Les modifications apportées, à l’aide d’intervenants du milieu, permettront de laisser la juste place à l’histoire et aux réalités des Premières Nations et des Inuits dans les écoles.

«La plupart des programmes d’études ont été rédigés au début des années 2000. J’ai le goût de vous dire il y a une éternité», a soulevé le ministre de l’Éducation.

Le gouvernement répondra ainsi à certaines recommandations émises par la Commission Viens, déposée deux ans plus tôt. Celle-ci avait pour but d’améliorer l’accès aux services publics pour les autochtones.

Après avoir consulté les chefs de différentes communautés, le ministre des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a établi les priorités du rapport pour les prochains mois. Parmi celles-ci, la protection de la jeunesse, le bien-être des femmes autochtones et l’éducation.

L’objectif des mesures en éducation, présentées par le ministre Roberge mardi, est d’augmenter le taux de diplomation des élèves des Premières Nations, mais aussi d’aider à bâtir le pont de la réconciliation.

«On est convaincu que cette sensibilité culturelle là, qui va être développée, va permettre aux jeunes d’être mieux accueillis dans le réseau provincial et donc, réussir», a affirmé le directeur général du Conseil en Éducation des Premières Nations, Denis Gros-Louis.

Il a réitéré que, depuis la dernière année, son équipe et lui demandent de travailler aux côtés du gouvernement pour «décoloniser et autochtoniser» le contenu du cursus scolaire. Selon M. Gros-Louis, rien de mieux pour dire «mission accomplie» que de s'intégrer directement dans le processus de mise à niveau.

Un exemple à reproduire 

À Odanak, l’Institution Kiuna est considérée comme un bel exemple de réussite. Depuis son ouverture en 2011, 130 finissants autochtones et allochtones ont été diplômés. La direction se réjouit qu’en quelque sorte, les méthodes d’enseignement du collège seront appliquées dans d’autres écoles du Québec.

«On était à l’avant-garde depuis les dix dernières années pour justement adapter le milieu scolaire, mais le milieu de vie aussi, aux réalités vécues par les Premières Nations et les Inuits», a confié la directrice de l’Institution Kiuna, Prudence Hannis.

M. Hannis a d’ailleurs remarqué un intérêt de plus en plus grand de la part des allochtones pour les enjeux des premiers peuples depuis les deux dernières années.

Pour le chef du Conseil des Abénakis d’Odanak, Richard O’Bomsawin, il est important que le travail qui est fait à Kiuna soit transposé dans d’autres écoles québécoises.

«La clé pour tout, c’est la compréhension. L’un des plus grands moyens pour détruire le racisme, c’est l’éducation», a-t-il fait valoir.

L’ajustement du cours «culture et citoyenneté» devrait s’échelonner sur plusieurs années. En attendant les nouveaux manuels, d’autre matériel sera à la disposition des écoles.

«Dans l’intervalle, on s’est engagé à faire du matériel complémentaire, des fascicules, ce qui peut aller beaucoup plus rapidement», a ajouté le ministre Roberge.

La somme d’argent s’ajoute ainsi aux cinq millions de dollars déjà octroyés par Québec pour la réussite des jeunes des Premières Nations. Un pas de plus vers l’abolition des préjugés envers les premiers occupants.

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