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Le polémiste d'extrême droite Éric Zemmour candidat à la présidentielle française

Après des mois de suspense, le sulfureux polémiste d'extrême droite Éric Zemmour a annoncé solennellement sa candidature à la présidentielle pour «sauver» la France «en train de disparaître» selon lui, du fait de l'immigration et la mondialisation.

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«Il n'est plus temps de réformer la France, mais de la sauver. C'est pourquoi j'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle», a déclaré l'ancien journaliste âgé de 63 ans.

Il a fait cette annonce dans une allocution vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, lisant son texte derrière un micro d'époque, référence transparente au général de Gaulle lors de l'appel du 18 juin 1940 demandant aux Français de rejoindre la Résistance. L'allocution était entrecoupée notamment d'images d'agressions et de violences urbaines, sur le 2e mouvement de la 7e symphonie de Beethoven.

«Vous avez l'impression de ne plus être dans le pays que vous connaissez», a-t-il dit aux dizaines de milliers de personnes connectées pour l'écouter, égrenant des personnages phare de l'histoire et de la culture françaises, Jeanne d'Arc, De Gaulle, Pascal, Descartes, Molière...., un «pays que vous chérissez et qui est en train de disparaître».

Et de lister les raisons de ce déclin: l'immigration qui «n’est pas la cause de tous nos problèmes même si elle les aggrave tous», la «chimère d'une Europe qui ne sera jamais une nation», les responsables politiques de tout bord....

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Admirateur de Trump 

À quatre mois et demi de l'élection, l'ancien éditorialiste du quotidien Le Figaro et de la chaîne CNews, la «Fox News française», condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, se jette dans l'arène à l'issue de plusieurs mois d'une campagne non officielle, menée dans le cadre d'une tournée de promotion de son dernier livre.

Cet admirateur de Donald Trump rappelle l'ancien président américain dans ses provocations et ses dérapages, mais, contrairement au milliardaire républicain, ne bénéficie pas du soutien d'un grand parti.

La constitution d'un réseau sur le terrain sera d'ailleurs l'un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d'élus nécessaires à cette candidature. Interrogé sur ce point sur la chaîne TF1 mardi soir, il a estimé que «les maires ne voudront pas priver des millions de Français de leur candidat», ajoutant avoir pour l'heure «entre 250 et 300 parrainages».

AFP

Électrisés depuis des semaines par le phénomène Zemmour, de nombreux membres de la classe politique française ont fustigé ou moqué la déclaration de candidature du polémiste, issu d'une famille d'origine juive algérienne arrivée en France dans les années 50.

Certains médias audiovisuels ou personnalités ont aussi fustigé mardi l'utilisation de leurs images par Éric Zemmour dans son annonce, certains menaçant le polémiste d'extrême droite de poursuites judiciaires.

«Texte lu d'une façon laborieuse, sentencieuse, et une vidéo presque digne d'une ouverture d'un teasing Netflix pour la version de l'apocalypse», a jugé le député macroniste Bruno Bonnel.

Damien Abad, le chef des députés du parti de droite Les Républicains (LR), héritier du parti gaulliste, a dénoncé «une volonté permanente de fracturer, de diviser», tandis qu'un porte-parole de la candidate socialiste Anne Hidalgo y voit «l'extrême droite la plus rance, momifiée».

Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national, le parti d'extrême droite le plus proche d'Eric Zemmour, a lui critiqué «une mise en scène lugubre», un discours «sur le fond, "tout est foutu", pas porteur d’espoir».

Pour ses partisans rencontrés par l'AFP lors de certains rassemblements passés, Eric Zemmour parle un langage de vérité, comme pour Mathilde, 31 ans, qui travaille dans une agence de communication, et qui voit «l'évidence de ce qu'il dit» depuis les attentats de 2015.

Marion, 25 ans, salariée d'une maison de champagne et électrice LR en 2017 aime, elle, «sa façon de prôner la France historique et ses valeurs».

Objet d'une exceptionnelle attention médiatique, Eric Zemmour avait fait depuis la rentrée une percée fulgurante dans les sondages.

Mais il accumule les revers depuis plusieurs semaines, perdant soutiens et points dans les sondages, et multipliant les dérapages.

AFP

Premier rassemblement dimanche 

Il tiendra son premier vrai rassemblement de campagne dimanche au Zénith de Paris et pourrait parler de son programme. Ses prémices promettent un référendum sur l'immigration, la suppression du droit du sol ou du regroupement familial.

Avec cette annonce mardi, le polémiste, qui ambitionne de rassembler les électeurs de droite et d'extrême droite, parasite au passage le processus d'investiture en cours au sein de LR où les militants sont appelés à voter de mercredi à samedi pour choisir parmi cinq prétendants.

Marine Le Pen, un temps chahutée par la candidature Zemmour, marque régulièrement sa différence en contestant la «radicalité déplacée» du polémiste, elle qui s'emploie depuis des années à dédiaboliser son parti. Elle s'est récemment félicitée du fait que M. Zemmour lui permette de la «recentrer» sur l'échiquier politique.

Selon un sondage publié mardi, Emmanuel Macron arriverait en tête au 1er tour (23 à 24%, stable), devant Marine Le Pen (19 à 20%) dont la progression en une semaine - 3 à 4 points - est inversement comparable au recul d'Éric Zemmour (13%).

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