/buzz/homepage

Elles se vomissent dans la bouche pour créer des liens sociaux

US-BROOD-X-CICADAS-EMERGE-AFTER-17-YEARS-UNDERGROUND

Getty Images via AFP

Les fourmis possèdent et entretiennent leur propre réseau social qu’elles utilisent pour échanger de nombreuses informations ainsi que de la nourriture, pour s’assurer du bien-être de toute la colonie, ont découvert des chercheurs suisses. 

• À lire aussi: Chasser les araignées des maisons... avec des fourmis

• À lire aussi: Une fourmi coupe-feuille se protège avec une armure biominérale

Contrairement à nous, au lieu de partager des publications et des commentaires, elles partagent en se vomissent mutuellement dans la bouche.

Les fourmis possèdent trois intestins : un intestin antérieur, un moyen et un postérieur, rapporte le site Live Science. 

«Pour les insectes sociaux, l'intestin antérieur est devenu une sorte de moyen de socialiser», explique la docteure Adria LeBoeuf, professeure adjointe et responsable du Laboratoire des fluides sociaux de l'Université de Fribourg en Suisse. 

Si le contenu des intestins moyen et postérieur est digéré, le contenu de l’intestin antérieur est destiné à être partagé, soutient Dre LeBoeuf, auteure de l’étude sur le sujet. 

La trophallaxie, ou l'acte de régurgiter de la nourriture dans la bouche d'un autre organisme, est très courant chez les espèces hautement sociales comme les fourmis. 

Au cours d'un événement de trophallaxie, les nutriments et les protéines sont transmis de l'estomac antérieur d'un individu à celui d'un autre, et à travers ces échanges, les fourmis créent un « système circulatoire social » qui relie chaque membre de la colonie à tout le monde, montre l’étude.

Chez les fourmis charpentières, les chercheurs ont déjà observé une vingtaine d’évènements de trophallaxie en moins d’une seule minute.

Pas seulement la nourriture

Mais les fourmis ne se transmettent pas seulement de la nourriture, elles partagent également des hormones, des signaux de reconnaissance, de petits ARN et toutes sortes d'autres choses, précise Live Science. 

Ainsi, les fourmis créent un «réseau social digestif» dans lequel l'énergie et les informations circulent en permanence dans toute la colonie pour être utilisées par celles qui ont besoin de ces informations.  

Les chercheurs voient donc une colonie de fourmis, non pas comme des milliers d’individus réunis, mais bien comme un « super organisme», qui fonctionne comme s’il était un seul corps où chacun des organes a un rôle à jouer. 

Fait surprenant, de nombreux adultes de la colonie n'ont même pas besoin de manger, car des fourmis mangent pour le reste du groupe. 

Par ailleurs, le rôle qu'une fourmi joue dans la colonie peut également être déterminé par le contenu de son estomac, ont découvert les scientifiques. 

À titre d’exemple, les «fourmis nourrices» qui s'occupent des jeunes avaient tendance à avoir des quantités plus élevées de protéines antivieillissement que les autres membres de la colonie, potentiellement pour assurer leur survie et prendre soin des générations futures.

Les résultats de l’étude ont été publiés le 2 novembre dans la revue eLife.

Dans la même catégorie

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.