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La fillette de Granby serait morte d'hyperthermie et de suffocation mécanique

Une pathologiste qui a témoigné mercredi au procès de la belle-mère croit que la fillette de Granby est probablement morte d'hyperthermie et de suffocation mécanique.

Anny Sauvageau, le troisième et dernier témoin de la défense au procès de la belle-mère accusée de meurtre non prémédité et séquestration de la fillette de Granby, attribue davantage le décès à deux facteurs combinés. Selon elle, la victime a pu souffrir d’hyperthermie causée par les nombreuses couches de ruban qui enveloppaient son corps, engendrant un possible coup de chaleur extrême.

À cette cause, s’ajoute la suffocation mécanique, attribuable au fait que la victime était attachée de manière très serrée avec du «tape» sur le thorax, ce qui l’aurait empêchée de faire les mouvements respiratoires nécessaires pour qu'elle puisse continuer à s'oxygéner.

Enfin, Anny Sauvageau est d'accord avec la Dre Caroline Tanguay à l'effet que l'autopsie ne permettait pas d'établir la cause du décès de la fillette.

Elle n'écarte pas que la suffocation externe, provoquée par la présence de ruban adhésif obstruant les voies respiratoires, a contribué à la mort de la fillette. Or, contrairement au témoin expert en poursuite, il ne s’agit pas, selon elle, de la cause la plus probable du décès survenu en avril 2019.

Selon Mme Sauvageau, la suffocation externe aurait nécessité qu'on lui obstrue complètement le nez et la bouche et que le ruban ait été bien lissé sur deux plans, sans aucun pli empêchant l'air de circuler.

En plus, il aurait fallu qu'il soit apposé entre 11 h et 11 h 10 le matin alors que la preuve parle plutôt de 8 h 14 le matin.

En l'absence de marques de compression au visage, il est peu probable que ce soit le cas, évalue la consultante pathologiste.

Concernant le retard de croissance de l'enfant, qui mesurait 1,02 mètre et pesait 16,4 kilogrammes lors de son décès, la pathologiste affirme qu’elle était de petite taille pour son âge. Or, son indice de masse corporelle ne suggère pas que la victime puisse avoir souffert de malnutrition ou d'une maladie de nature endocrinienne.

Anny Sauvageau a déjà œuvré au laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale de Montréal au début des années 2000.

Elle a par la suite quitté la province pour s'établir en Alberta où elle a occupé les fonctions de pathologiste judiciaire et coroner en chef.

Elle a effectué plus de 3000 autopsies en carrière.

La femme de 49 ans agit depuis six ans comme consultante pathologiste dans des procès.

Questionnée sur son parcours professionnel, Anny Sauvageau a dit effectuer sur demande, la révision d'autopsie à partir de rapports papiers et d'images. Elle donne une deuxième ou troisième opinion médicale dans une approche complètement neutre et impartiale.

Elle a d'ailleurs témoigné pour la Couronne il y a quelques semaines à Saint-Jérôme au procès d'Ernesto Fera, accusé du meurtre de sa conjointe à Laval en 2004.

L'asphyxie est le domaine principal de ses récentes études et recherches; elle a publié plus d'une quarantaine d'articles sur le sujet.

Anny Sauvageau sera contre-interrogée jeudi matin au palais de justice de Trois-Rivières pour la suite du procès de la belle-mère interrompu depuis le 18 novembre en raison de débats de droit hors jury.

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