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La nouvelle usine de traitement des eaux de Shawinigan cesse ses opérations

La nouvelle usine de traitement des eaux du Lac-à-la-Pêche de Shawinigan devra cesser ses opération le temps de trouver des solutions et les citoyens devront faire bouillir leur eau.

Devant une infrastructure flambant neuve qui ne répond pas aux attentes, la ville n'a plus le choix. L'usine est mise sur le respirateur artificiel. Dès jeudi, le traitement de l'eau potable sera suspendu à cet endroit qui dessert 70 % de la population. Un avis d’ébullition majeur sera émis.

C’est un constat d’échec qui a été prononcé par le maire Michel Angers mercredi. L’usine mise en service en janvier 2020 et construite au coût de 64 millions $ cessera ses opérations le temps de trouver une autre solution. En conférence de presse, Michel Angers n’est pas passé par quatre chemins pour décrire la situation. «On a acheté un véhicule neuf, mais il n'avait pas de moteur. Ce qu’on constate, c’est que cette usine-là ne fonctionne pas. Il faut donc trouver des alternatives», a-t-il expliqué.

Le problème est l'accumulation croissante de sédiments dans les membranes de filtration, si bien que la quantité d'eau traitée n'est plus suffisante, selon Angers.

Recours à l’ancienne usine

La ville de Shawinigan remet donc en service l'ancienne station de chloration du Lac-à-la-Pêche. Celle-ci avait été mise en veilleuse depuis l’arrivée de la nouvelle usine. Mercredi, des fonctionnaires et un entrepreneur en plomberie s’affairaient à la remettre en fonction.

Si cette option se réalisera à faible coût, il y aura tout de même un irritant majeur pour la population. Un avis d'ébullition sera émis jeudi pour les 30 000 citoyens des secteurs Shawinigan, Shawinigan-Sud, Saint-Gerard-des-Laurentides et Lac-à-la-Tortue.

Selon le maire Angers, l’avis pourrait durer quelques semaines, sans toutefois avancer de dates précises. Il tient toutefois à rassurer la population sur la qualité de l’eau. «On revient à ce qu’on faisait avant. La Santé publique est au courant et on va faire le suivi avec les autorités nécessaires», a-t-il ajouté.

C’est un sentiment de victoire pour les résidents vivant à proximité de l’usine. André Berthiaume avait été le premier à lever le drapeau concernant le déversement de boue toxique dans le ruisseau situé sur sa propriété. «Je suis très heureux d’apprendre ça. Ça prouve que nous avions raison de nous opposer au choix du site», a-t-il dit.

Le citoyen attend tout de même de rencontrer le ministère de l’Environnement concernant les travaux de nettoyage dans son ruisseau. «J’attends encore. Ils voudraient qu’on discute par courriel, mais moi je veux qu’ils viennent voir ici, sur le terrain», a-t-il poursuivi.

Lynn Gravel, une citoyenne du Lac Perchaude abonde dans le même sens. «Ça fait deux ans qu’on essaie de dénoncer tout ce qui se passe ici. Avec ce qu’on voit, on a eu raison de demander une enquête publique», a-t-elle fait valoir.

L'annonce survient moins d'un mois après les élections municipales. L'opposant de Michel Angers dans la dernière course électorale, Luc Trudel, crie au scandale.

«La ville a dépensé cinq millions $ depuis l’automne en maintenance et pour nettoyer le ruisseau. Pendant toute la campagne, M. Angers disait que tout est sous contrôle et là, on ferme l’usine? L’élection a été basée sur des fausses informations qui ont été données par le maire et je trouve ça scandaleux», s’est-il offusqué.

Une rencontre est prévue mercredi prochain entre le maire et le ministre de l'Environnement, Benoit Charette.

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