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La réforme de Loi sur la protection de la jeunesse sera-t-elle concluante?

Le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant, a présenté mercredi sa réforme de la Loi sur la protection de la jeunesse. Au cœur de ce projet de loi: l'intérêt de l'enfant.

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«Il est révolu le temps où un enfant devait payer le prix d'une mauvaise interprétation de la loi ou souffrir d'une situation dans laquelle il n'a aucun contrôle», a-t-il déclaré.

Le bien-être de l'enfant passera donc avant celui de ses parents. On veut le sécuriser et éviter qu'il ne soit balloté d'une famille d'accueil à l'autre.

«Auparavant, dès que le parent levait la main et disait: on est prêt à réessayer, on a évolué. On retournait l'enfant vers ses parents», explique le ministre.

Agir en amont des signalements 

Pour venir en aide aux parents avant que n'arrive le signalement, Québec veut les référer vers des services de première ligne, ce qui est une excellente chose, selon Martin Robert, un travailleur social et ancien gestionnaire du réseau de la Santé. Or, le problème, c'est que plusieurs sont déjà saturés.

«Ce n'est pas une loi qui va régler ça. Ce sont des choix politiques d'investissements dans des services de premières lignes autres que les services médicaux. La souffrance sociale et la maltraitance ne sont pas des problèmes médicaux. Ce sont des problèmes sociaux et on doit investir dans des services sociaux», a-t-il insisté.

S'il est approuvé, le projet de loi assouplira aussi les règles sur le partage de renseignements confidentiels entre les intervenants impliqués dans la vie de l'enfant. Une mesure qui aurait pu faire une différence dans la vie de la fillette de Granby, selon le ministre.

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Me Valérie Assouline sur QUB radio : 

Cependant, pour l'avocate en droit de la jeunesse, Me Valérie Assouline, l'imputabilité est ce qui aurait pu éviter un tel drame.

«La loi actuelle prévoyait déjà des conditions pour éviter ce qui s'est passé. Ce que je déplore dans ce projet de loi, c'est qu'il n'y a toujours pas d'imputabilité. C'était la chose à ajouter et ça n'a pas été fait malheureusement», déplore l’avocate.

Valoriser les intervenants sociaux 

Le gouvernement mise aussi sur ses intervenants sociaux pour mieux répondre au besoin des enfants. On veut donc stabiliser les équipes et valoriser leur travail.

Toutefois, ils n'ont pas été consultés pour cette réforme, affirme le représentant national du syndicat de l'Alliance du personnel professionnel et technique-APTS Estrie, Danny Roulx.

«C'est certain qu'on va prendre un peu de recul pour bien analyser en profondeur ce projet de loi, mais ce que l'on déplore c'est vraiment d'avoir été écartés de ce processus-là. Ce qu'on voit aussi, c'est qu'il n'y a pas vraiment de place dans la suite du processus pour que l'on puisse travailler en collaboration», soulève-t-il.

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