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L’enquête trop bâclée, selon l’avocate de Fera

Ernesto Fera, accusé d’avoir tué son épouse il y a 17 ans, était accompagné de ses avocats, Me Isabelle Lamarche et Me Joseph La Leggia, mardi à sa sortie de la salle de cour, à Saint-Jérôme.

Photo Jonathan Tremblay

Ernesto Fera, accusé d’avoir tué son épouse il y a 17 ans, était accompagné de ses avocats, Me Isabelle Lamarche et Me Joseph La Leggia, mardi à sa sortie de la salle de cour, à Saint-Jérôme.

L’enquête sur l’assassinat de Nadia Panarello à Laval, il y a 17 ans, a tellement été bâclée qu’il y a trop d’incertitudes pour déclarer aujourd’hui son époux coupable de meurtre prémédité, plaide la défense.

« Malheureusement pour mon client, l’enquête a été négligée. C’est comme si on avait été désintéressé par ce dossier. Il y a tellement de choses qui n’ont pas été faites », a lancé hier Me Isabelle Lamarche durant la plaidoirie de son client, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Ernesto Fera.
Accusé

Photo Chantal Poirier

Ernesto Fera. Accusé

« Il y a encore des éléments auxquels on n’a pas répondu, qui créent plus qu’un doute raisonnable », a-t-elle poursuivi. 

Ernesto Fera, 55 ans, est accusé d’avoir tué son épouse de 38 ans à l’époque de 30 coups de couteau dans leur maison cossue de la rue Michel-Gamelin, le 12 février 2004.

Celle-ci a été trouvée inerte par sa mère dans la salle de bain de la chambre des maîtres. 

Ce n’est que 15 ans plus tard que Fera a été accusé, la poursuite soutenant qu’il a voulu se servir des assurances vie de sa femme pour rembourser ses dettes. 

Or, « la Couronne n’a produit aucune nouvelle preuve depuis, a soutenu Me Lamarche. Pourquoi prendre tant de temps ? Nous ne le saurons jamais. »

Nadia Panarello.
Victime

Photo courtoisie

Nadia Panarello. Victime

Relation saine

L’avocate prétend pour sa part que la situation financière du couple, qui avait une relation saine, ne justifierait pas un tel geste. 

« Ce n’était pas un couple désespéré. Ils avaient des difficultés, mais n’étaient pas dans la misère », a-t-elle dit au juge James Brunton, qui s’est permis d’exprimer son désaccord.

Selon la défense, le témoignage de l’enquêteur Antony Donato devrait être écarté par le tribunal. Notamment parce qu’il n’a pas saisi le long couteau trouvé dans le lave-vaisselle de la cuisine.

« Il n’a pas eu d’initiative. Il a dit qu’il était trop occupé dans ses dossiers pour interroger une témoin. Il a traité ce dossier comme s’il n’était pas important », a déploré Me Lamarche.

Pas le temps

Par ailleurs, la défense avance que peu importe les preuves circonstancielles, Fera n’aurait pas eu le temps de commettre le crime.

« Quand on regarde l’horaire, il n’y a pas vraiment d’opportunité, peu ou pas de temps pour faire une telle chose », a affirmé son avocate. 

  • La Couronne fera entendre mercredi ses plaidoiries. 
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