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L’Ontario adopte une loi «pro-travailleurs»

Photo d'Archives

L’Ontario aspire à devenir le meilleur endroit au monde où travailler, vivre et élever une famille grâce à la loi «pro-travailleurs» qu’elle vient d’adopter. 

«Cette loi est un nouveau pas en avant vers la reconstruction d’une meilleure province et le renforcement de la position de l’Ontario comme chef de file mondial», a déclaré le ministre du Travail, de la Formation et du Développement des compétences, Monte McNaughton, lors de l’adoption de cette loi.

Selon lui, la province la plus populeuse du Canada innove avec ses mesures qui exigent entre autres aux entreprises d’avoir une politique sur le droit à la déconnexion pour permettre aux gens de passer plus facilement du temps en famille et avec leurs proches.

L’Ontario interdit dorénavant aux entreprises d’utiliser des accords de non concurrence pour aider les travailleurs à progresser dans leur carrière et à gagner plus d’argent.

De plus, cette loi permet notamment aux camionneurs et les livreurs de produits alimentaires «qui permettent à notre société de continuer de fonctionner», d’ajouter la ministre, le droit d’accéder aux toilettes des entreprises et des restaurants qu’ils servent.

En protégeant ainsi les droits des travailleurs, l’Ontario se positionne comme la destination la plus attrayante pour les investissements et les talents étrangers, estime le ministre.

«Notre gouvernement œuvre tous les jours pour les travailleurs afin de les aider à gagner un meilleur salaire, à demeurer en sécurité et à avoir accès à de meilleures possibilités», a-t-il poursuivi.

Réactions mitigées

Le syndicat Unifor croit que la politique de déconnexion du travail est un premier pas vers l'établissement de limites plus claires entre le temps personnel et le temps de travail afin d'améliorer les résultats en matière de santé physique et mentale.

«La technologie a de plus en plus brouillé l'équilibre entre le travail et la vie privée, une situation exacerbée pendant la COVID-19 alors que les gens transformaient leur maison en lieu de travail, les travailleurs devant être joignables et disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7», a déclaré Jerry Dias, président national d'Unifor.

Quant à lui, le syndicat CUPE SCFP a déposé un mémoire pour contester ce projet de loi 27, 18 novembre 2021. Le président, Fred Hahn, y voit une campagne de charme préélectorale.

«Aujourd’hui, à six mois d’une élection, ce gouvernement a quelque peu abandonné sa mentalité anti-travailleurs [...] Bien que des sujets de discussion pro-travailleurs de ce gouvernement conservateur sont appréciés, il est clair que la situation des travailleurs de l’Ontario sera nettement pire que lorsque ce gouvernement est arrivé au pouvoir il y a près de quatre ans», a-t-il plaidé.

D’autres mesures adoptées mardi pour soutenir les travailleurs vulnérables en exigeaient que les recruteurs et les agences de travail temporaire détiennent une licence obligatoire, avec des pénalités imposées aux contrevenants. Des avocats ont néanmoins déploré que les sanctions exigées ne sont vraiment pas assez sévères, a rapporté le «Toronto Star».

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