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SPVQ: «Ces vidéos sont sorties de leur contexte», plaide la fraternité policière

Au moment où la réputation du Service de police de la Ville de Québec est mise à mal, la fraternité policière réclame la présomption d’innocence.

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Avec l’apparition d’une troisième vidéo d’une intervention musclée, au cours des dernières heures, faut-il conclure que les policiers de Québec ont l’habitude de faire l’usage de brutalité dans leurs tactiques?

«Quand on regarde ces vidéos, on n’a qu’une portion de l’intervention. Comme je le répète depuis dimanche, il faut être prudent parce que ces images ne démontrent pas ce qui s’est passé avant et ce qui a conduit à l’intervention», a déclaré Martine Fortier sur les ondes de LCN.

La porte-parole de la fraternité des policiers du SPVQ rappelle que les cinq agents sont suspendus et que l’enquête se poursuit. Qu’il faut laisser les enquêteurs travailler.

«Je crois que les policiers et la population ont le droit d’attendre que l’enquête soit connue avant que leur comportement ne soit jugé. Je ne défends pas l’indéfendable, je demande que les policiers aient le même traitement que les citoyens. 

«C’est-à-dire, qu’ils n’aient pas leur sentence sur la foi d’une preuve partielle.»

Même si elle dit ne pas excuser le comportement de certains policiers sur les vidéos de l’intervention troublante auprès du jeune Noir Pacifique Niyokwizera et celle de Jean-Philippe St-Laurent, client au restaurant Portofino de Sainte-Foy quelques heures plus tôt, Mme Fortier a tenté de calmer le jeu.

«Quand ils interviennent physiquement auprès d’une personne, c’est qu’on doit arrêter une personne et cesser une infraction. Lorsqu’il y a une intervention physique, c’est qu’elle ne collabore pas ou est récalcitrante

«Il y a des éléments qui animent une intervention physique. Ces vidéos sont sorties de leur contexte. C’est ce qui fait qu’on tient vraiment à faire une mise en garde aux gens pour sur l’importance d’évaluer les éléments dans leur ensemble.»

Neige au visage      

Dans le cas de Pacifique Niyokwizera, l’adolescent de 17 ans est maîtrisé au sol et un agent ensevelit son visage de neige à l’aide d’un coup de botte. Une telle pratique a suscité la colère des témoins et des internautes. Comment expliquer une telle méthode, sachant que le jeune homme est immobilisé?

«Ce n’est pas une technique qui est enseignée à (L'École nationale de police de) Nicolet, je ne vous le cacherai pas. Par contre, il faut se le dire, ce n’est pas parce qu’une personne est au sol qu’elle est maîtrisée. Sans commenter cette intervention spécifiquement, ce sont des choses que l’on voit. Si notre sécurité n’est pas assurée, évidemment, il faut prendre les moyens pour contrôler une personne.»

«Il y a différentes techniques enseignées à l’institut de police. Il y a notamment des coups frappés qui peuvent être utilisés pour faire une technique de diversion pour finaliser le menottage. Je pense qu’il est important de sensibiliser la population à ça.

Une fois dans l’autopatrouille, Pacifique Niyokwizera dit avoir entendu plusieurs propos désobligeants faisant référence à son quartier et des sous-entendus concernant les gangs de rue auraient fusé, selon son récit. 

Les agents l’auraient ensuite fait descendre près de la gare du Palais. Il aurait été obligé de refaire le chemin inverse en espérant qu’il retrouverait ses amis ; un policier a jeté son téléphone lors de l’altercation.

«C’est la version de l’histoire de Monsieur Pacifique. Moi ce que je vous dis, c’est attendons les résultats de l’enquête des policiers. Il y a un rapport. Des ondes radio ont été enregistrées. Il y a des GPS sur des voitures. La vraie histoire, on va la connaître.» 

Déconfinement : «Trop-plein» et «esprit survolté»      

Vendredi soir, c’est l’escouade GRIPP qui patrouillait autour des commerces de restauration de Québec. Selon Mme Fortier, ces policiers sont «attitrés à la surveillance des bars et la sortie des bars» et interviennent auprès de personnes intoxiquées, notamment.

Depuis le déconfinement, le SPVQ remarque que les fêtards prennent d’assaut les bistros et les boîtes de nuit dans un état «survolté».

«Je ne vous cacherai pas qu’avec l’année de confinement et les restrictions qu’on a vécue, ce n’est pas facile depuis le déconfinement. On constate que l’esprit des gens est survolté. Ils ont été privés pendant longtemps et ça transparaît clairement dans leur laisser-aller. 

«Je pense qu’il y a vraiment un trop-plein et, effectivement, il y a des débordements que l’on peut constater.»

Qu’à cela ne tienne, cinq policiers ont été suspendus et le maire Bruno Marchand a lui-même parlé d’une «mauvaise soirée» qu’il qualifie de «très préoccupant» en ce qui a trait au corps policier, mercredi matin, avant que la troisième vidéo fasse surface. Y a-t-il une évaluation complète à faire au sein du SPVQ?

«Je vais vous retourner une question. Je vois la (troisième) vidéo et il n’y a pas de neige. Ça ne date pas d’hier. Moi je me questionne à savoir pourquoi cette vidéo sort aujourd’hui alors que le SPVQ est sous la loupe.

«Est-ce qu’il y a eu une plainte en déontologie qui a été faire à ce moment-là? Ça serait intéressant de le savoir et de savoir si cette personne-là s’est plainte du comportement des policiers. C’est légitime de se poser la question.»

En attendant, il pourrait y avoir d’autres images qui émergent sur les réseaux sociaux. Le SPVQ s’y attend aux dires de Mme Fortier.

«Évidemment, je m’attends à ce qu’il y en ait d’autres vidéos qui sortent. Vous savez, on a un effet boule de neige. Je vous le répète : il y a une intervention policière et avant (celle-ci), il y a un contexte.» 

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