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Une championne olympique battue par son conjoint et entraîneur

CAPTURE D'ÉCRAN/INSTAGRAM/MARGAUX PINOT

L’abandon des accusations de l'entraîneur français de judo Alain Schmitt de faits de violences conjugales sur la championne olympique Margaux Pinot a provoqué l'indignation de stars du judo français et de la Fédération mercredi, et le parquet (la Couronne, NDLR) a fait appel de cette décision.

Estimant «n'avoir pas assez de preuves de culpabilité» de violences de l'ex-membre de l'équipe de France de judo sur sa compagne ce week-end en Seine-Saint-Denis, près de Paris, le tribunal correctionnel de Bobigny a libéré Alain Schmitt lors d'une audience en comparution immédiate qui ne s'est achevée qu'au coeur de la nuit de mardi à mercredi.

Au procès, le ministère public avait dénoncé «des violences très graves, même pour un primo-délinquant», de la part d'Alain Schmitt, et requis à son encontre un an de prison avec sursis.

Quelques heures après la libération, le parquet de Bobigny a annoncé à l'AFP faire appel.

Dans un message de soutien à sa collègue en équipe de France, l'étoile féminine du judo français Clarisse Agbégnénou s'est dite «choquée» par la décision de justice.

«Je n'ai pas les mots pour exprimer tout ce qui se passe dans ma tête et mon corps en tant que femme face à ce que ma coéquipière Margaux Pinot a subi», a tweeté la porte-drapeau de la délégation française aux Jeux olympiques de Tokyo.

«Nous sommes tous profondément touchés par ce que vient de subir notre coéquipière Margaux Pinot», a abondé quelques minutes plus tard le triple champion olympique Teddy Riner.

Même son de cloche à la Fédération française de judo: «on a été abasourdi, on a pris un KO», a confié son président Stéphane Nomis à l'AFP dans la soirée.

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Versions contradictoires

D'après son entourage, la ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu a écrit à Margaux Pinot dès dimanche et est en lien permanent avec Stéphane Nomis, qui accompagne la championne de judo.

Alain Schmitt, 38 ans, a été arrêté en état d'ivresse dans la nuit de samedi à dimanche au Blanc-Mesnil, en région parisienne.

Margaux Pinot accuse son compagnon et ex-entraîneur de lui avoir asséné des coups, tiré les cheveux, mais aussi d'avoir tenté de l'étrangler lors d'une altercation dans l'appartement de la jeune femme de 27 ans.

Ses appels au secours ont alerté certains voisins, chez qui elle a trouvé refuge avant l'arrivée des policiers vers 02h30. Souffrant d'ecchymoses et d'une fracture au nez, elle s'est vu prescrire dix jours d'arrêt de travail.

Mercredi après-midi, la médaillée d'or à Tokyo avec l'équipe de France, dans la nouvelle épreuve par équipes mixtes, s'est exprimée pour la première fois sur les réseaux sociaux depuis le début de l'affaire pour exprimer son indignation.

«Que vaut leur défense calomnieuse face à mes blessures, et le sang jonchant le sol de mon appartement ? Que manquait-il ? La mort au bout, peut-être ?», s'est-elle insurgée en publiant une photo de son visage tuméfié, qui semble prise peu après les faits. 

«C'est probablement le judo qui m'a sauvée», a-t-elle ajouté.

L'audience de mardi à Bobigny avait été marquée par des versions contradictoires.

Départ pour Israël?

Présentant lui aussi un visage contusionné, Alain Schmitt a nié «à 100%» les faits qui lui étaient reprochés. À la barre, il a démenti avoir porté le moindre coup à sa compagne, décrivant plutôt une bagarre entre amants comme une «tornade», à base de prises de judo et déclenchée par Margaux Pinot.

«C'était pas un combat de judo, c'était des coups de poing», a protesté la judokate à la barre.

Contactée par l'AFP, l'avocate d'Alain Schmitt, Caroline Wassermann, a indiqué que son client accueillait avec «sérénité» l'appel du parquet.

Le palmarès individuel de Margaux Pinot, qui a combattu dans deux catégories (-63 et -70 kg), comporte notamment une médaille de bronze mondiale en 2019, deux titres de championne d'Europe (2019 et 2020) et deux médailles d'argent continentales (2017, 2021).

Médaillé de bronze aux Mondiaux de 2013 (-81 kg), Alain Schmitt a déclaré au tribunal envisager son départ pour Israël comme un «réel changement de vie» après six années comme entraîneur au Blanc-Mesnil où il entraînait aussi Madeleine Malonga.

AFP

Il devait prendre les rênes de l'équipe nationale féminine israélienne, mais la Fédération israélienne de judo a annoncé avoir suspendu tout contact avec lui.

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