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Violence conjugale: la victime d’une tentative de meurtre perd sa garderie

Stéphanie Spénard, qui a été victime d’une tentative de meurtre par son ex-conjoint Guy Benoît le 19 novembre, a passé plus d’une semaine à l’hôpital pour se rétablir de ses nombreuses blessures.

Photo courtoisie

Stéphanie Spénard, qui a été victime d’une tentative de meurtre par son ex-conjoint Guy Benoît le 19 novembre, a passé plus d’une semaine à l’hôpital pour se rétablir de ses nombreuses blessures.

Victime d’une tentative de meurtre par son ex-conjoint, une mère de famille de Lanaudière déplore les effets collatéraux de la violence conjugale, qui la forcent maintenant à chercher une nouvelle garderie pour son enfant.

Alors qu’elle se remet péniblement de l’attaque qui lui a valu une commotion et une fracture de la mâchoire, Stéphanie Spénard doit composer avec cette nouvelle tuile. L’éducatrice en milieu familial de son fils a mis fin à son contrat de garde « pour des raisons de sécurité ».

Même si elle comprend que la violence de son ex-conjoint peut effrayer, elle s’attriste que son fils doive en payer le prix.

Écoutez la chronique de Félix Séguin au micro de Richard Martineau sur QUB radio (on peut enlever l'audio de nouvelles) :

Son enfant expulsé  

« Au lieu d’essayer de me soutenir et de m’aider, ils ont expulsé [mon enfant]. Ce n’est pas comme si [mon ex-conjoint] pouvait retontir demain matin à la garderie, puisqu’il est incarcéré », dit la mère de famille, alitée en raison d’étourdissements au passage du Journal.

Les séquelles de l’attaque, survenue le 19 novembre dernier sont toujours présentes. Lorsqu’elle est rentrée chez elle, son ex-conjoint, Guy Benoit, aurait voulu avoir une relation sexuelle. Elle a refusé ses avances. C’est à ce moment qu’il aurait « commencé à pogner les nerfs », conte-t-elle.

L’homme de 47 ans l’aurait alors rouée de coups jusqu’à ce qu’elle perde conscience.

Mme Spénard avait rompu avec son conjoint des dix dernières années l’été dernier, mais ce dernier ne voulait pas quitter leur domicile. Selon elle, Benoit ne supportait pas la rupture : « Il était rendu dépendant, jaloux, possessif ».

Des années d’attente  

Leurs deux enfants n’auraient pas été témoins de la scène. Mais le plus jeune en subira les contrecoups en étant ainsi déraciné de sa garderie.

« Tu dois t’inscrire deux ans avant d’être enceinte pour avoir une place en garderie, comment je vais en trouver une dans les prochaines semaines ? » s’inquiète Mme Spénard.

En 14 ans de travail, Guylaine Simard, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, n’a jamais vu un conjoint violent s’en prendre à un milieu de garde. 

Écoutez le tour des actualités de Philippe-Vincent Foisy et Carl Marchand sur QUB Radio:


« Un conjoint violent, ce n’est pas un tueur en série. Il ne va pas tuer les gens de l’entourage, souligne-t-elle. Il va en venir à un féminicide parce qu’il ne donne pas le droit à sa conjointe de le quitter. »

Guy Benoît est notamment accusé de tentative de meurtre et d’agression armée. Il est incarcéré en attente de sa comparution pour remise en liberté, prévue vendredi à Joliette.

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio :

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