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Bracelet anti-rapprochement : Une victime du Saguenay crie victoire

Une femme de Saguenay qui vit avec la crainte constante de croiser l'homme qui avait planifié son assassinat est soulagée de voir que Québec ira de l'avant avec l'implantation d'un bracelet anti-rapprochement pour surveiller les ex-conjoints violents.

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C’est une mesure que Johanne Bérubé réclame depuis longtemps. Elle ne pourra en bénéficier personnellement, mais c’est tout de même une excellente nouvelle pour elle.

«Pour moi, c'est un vrai cadeau de Noël, a lancé jeudi à TVA Nouvelles celle qui ne s'est pas sentie aussi fébrile depuis des années. Je me sens libérée d'un poids énorme. Sans farce, j'avais envie de célébrer. Ce bracelet-là est tellement important pour moi. C'est ma victoire personnelle. J'en rêvais pour moi-même, je l'espérais pour moi-même, bref, c'est ce que j'aurais voulu.»

Son ex-conjoint, Jimmy Bouchard, a été condamné à sept ans de pénitencier pour avoir planifié son assassinat. Il a récemment été libéré sous conditions.

Mme Bérubé se réjouit pour toutes les femmes, qui comme elles, tentent de reprendre le contrôle de leur vie.

«On est en train de tourner le miroir et de remettre à l'agresseur sa part de responsabilité, a-t-elle expliqué. C'est un geste concret dans la bonne direction et je suis certaine que le bracelet va permettre de sauver des vies plus qu'inspirer un faux sentiment de sécurité.

Les organismes qui viennent en aide aux femmes victimes de violence conjugale saluent l'initiative de Québec, même si plusieurs questions demeurent sans réponse.

«Pour nous c'est un outil supplémentaire, mais sa mise en application doit être soutenue par un bon plan d'intervention, a indiqué la responsable du Centre féminin du Saguenay, Marie-Claude Bouchard. On se demande notamment si l'appareil sera fonctionnel dans des secteurs où le réseau cellulaire est faible. Il y aura aussi une étude de faisabilité qui sera réalisée et qui nous permettra probablement de connaître les limites de l'appareil. Ce sont des choses que l'on questionne, mais dans l'ensemble c'est très encourageant.»

Johanne Bérubé aussi est impatiente d'en savoir davantage. Même si elle vit toujours avec la peur au ventre, elle a l'intention de continuer à se battre.

«J'ai appris l'habitude du courage et ça, tout le monde peut le faire en tant qu'être humain», a-t-elle conclu.

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