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Décès à Senneterre: l’homme aurait pu mourir même s’il avait été vu plus tôt

L’homme qui a perdu la vie après avoir attendu deux heures pour recevoir de l’assistance médicale à Senneterre, en Abitibi-Témiscamingue, avait 50% de risques de mourir même s’il avait été vu plus tôt, explique un cardiologue. 

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«Règle générale, 50% des patients avec une rupture d’anévrisme décèdent avant de se rendre à l’hôpital», rapporte le Dr Lior Bibas, cardiologue et intensiviste à l’Hôpital Pierre-Boucher, en entrevue à LCN. 

La rupture de l’aorte, dont aurait été victime Richard Genest, est «une condition qui est très mortelle, même s’il s’était rendu dans un hôpital où il y a un chirurgien». 

Le Dr Bibas mentionne que ce ne sont pas tous les chirurgiens qui peuvent opérer ce type de maladie cardiaque. 

«Ça prend vraiment un chirurgien vasculaire. On n’est pas comme Dr house ou Dr Grey, comme dans les émissions où les médecins font un petit peu de tout tous les jours», ajoute-t-il. 

Le cardiologue indique que ce ne sont pas tous les hôpitaux de la province qui sont en mesure d’opérer, et même de diagnostiquer, une rupture d’anévrisme.

Le Dr Lior Bibas admet tout de même que les chances de survie de Richard Genest auraient été meilleures s’il était arrivé plus tôt à l’hôpital puisque «chaque minute compte». 

«C’est sûr que ses chances seraient meilleures s’il était arrivé une heure plus tôt. On parle d’une maladie dont le pronostic s’empire de 1% chaque minute», dit le cardiologue. 

«Mais c’est une énorme chirurgie qui a ses propres risques et ses complications postopératoires et ce n’est pas une garantie» qu’il aurait survécu, poursuit le Dr Bibas. 

Protocole du CISSSAT 

Le président régional de la Fédération provinciale du travail du Québec (FPTQ) que les techniciens ambulanciers de Senneterre ont reçu la directive de transporter les patients à Val-d’Or. 

«Le protocole, que le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) a fait après la fermeture de notre urgence le soir, c’est que tout patient doit être dirigé vers l’hôpital de Val-d’Or», dit M. Mario Fournier, lui-même ambulancier à Senneterre. 

Ce dernier soutient que les paramédics n’ont pas de pouvoir décisionnel, et ne peuvent donc pas prendre l’initiative de transporter un patient directement à Amos, où se trouvait un chirurgien cardiaque au moment du transport de Richard Genest.

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