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Le télétravail va continuer d’impacter le marché immobilier de la région de Montréal

Joël Lemay / Agence QMI

L’effervescence du marché résidentiel s’estompe, mais le télétravail pousse les acheteurs à se rapprocher des banlieues et de la campagne, selon une enquête de la firme Léger pour l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

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Les résultats indiquent que la hausse des prix a réduit les intentions d’achats. En effet, 32% des ménages de la région de Montréal interrogés ont indiqué que la pandémie a eu un impact sur leurs projets immobiliers, soit en retardant l’achat d’une résidence soit en repoussant à plus tard un déménagement.

Seulement 27% prévoient acquérir une propriété dans les cinq prochaines années alors qu’ils étaient 30% en 2020 à vouloir acheter. Lorsque l’on demande pour quelles raisons les ménages ne prévoient pas acheter une propriété, ils invoquent l’attente d’une baisse de prix, des propriétés trop chères dans leur secteur ou un contexte économique défavorable.

«Le manque d’offre de propriétés sur le marché est le plus grand facteur de capitulation des acheteurs; au cours des 24 prochains mois, le retour de propriétés sur le marché issu de personnes plus âgées qui hésitaient à mettre leur maison en vente durant la pandémie ou la hausse des mises en vente potentielles attribuable à la dégradation de la capacité financière des ménages pourraient participer à offrir des opportunités d’achat», a expliqué Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché de l’Association professionnelle des courtiers du Québec.

L’attrait des banlieues et de la campagne se maintient

Le nombre de futurs acheteurs qui ont déclaré qu’ils changeraient de région a augmenté de 25 % en un an. Aussi, 66 % des propriétaires vivant sur l’île de Montréal et qui veulent vendre souhaitent déménager dans une banlieue.

Le télétravail a influencé cette migration, puisque parmi ceux qui le pratiquent, 34 % ont déclaré qu’ils en profiteraient pour s’installer là où le coût de la vie est moins cher et pour se rapprocher de la campagne.

L’enquête nous apprend que déjà, 36% des ménages du grand Montréal qui ont acheté dans les cinq dernières années se sont éloignés de leur travail. En 2020, ce pourcentage était de 29%.

«Le départ des ménages du centre de la RMR vers la périphérie n’est pas un nouveau phénomène, mais le télétravail représente un nouveau défi pour les villes. Il y a une réflexion à faire sur l'étalement urbain pour l'ensemble du territoire métropolitain sur la façon de permettre la construction d’habitations abordables et attrayantes en ville», a commenté Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’APCHQ.

En effet, le télétravail est toujours aussi populaire au Québec notamment, car il permet aux ménages de l’ensemble de la province de faire des économies de temps en réduisant leur transport (82%) et d’argent (84%). Pour 28% d’entre eux, ces économies s’élèvent entre 100 $ et 200 $ par mois et 13% sauvent plus de 200 $ par mois.

«Cette évolution représente un défi pour le secteur immobilier, mais aussi des opportunités, au moment où plusieurs entreprises se dirigent vers un mode de travail hybride offrant des journées de travail à domicile et des journées de collaboration au bureau», a expliqué Normand Bélanger, président-directeur général du Fonds immobilier de solidarité FTQ.

Les intentions d’achat des jeunes diminuent

Malgré l’augmentation des prix, le sondage montre que les jeunes ménages ont été actifs en 2021. Ils sont 18% à avoir acheté une propriété dans les cinq dernières années. Vingt-six pour cent ont déclaré avoir payé plus de 350 000 $ pour une propriété, comparativement à seulement 20% des ménages en 2020.

Les intentions d’achat ont par ailleurs diminué, passant de 25% en 2020 à 23% en 2021.

C’est la maison unifamiliale qui fait rêver le plus ces futurs acheteurs (81%). Elle est moins populaire chez les 55 ans et plus (70%) où la copropriété représente 27% des intentions d’achat.

Sur l’ensemble des ménages de la RMR de Montréal qui ont acquis une propriété au cours des cinq dernières années, 52% ont préféré acheter une maison unifamiliale, contre 42% en 2021.

Le sondage a été mené auprès de 5500 personnes.

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