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Neuf ans de prison pour un pimp violent

Le dangereux proxénète Cleephord-Linecker Losse (chemise rouge sur la photo) lors d’une précédente audience au palais de justice de Montréal.

Photo d'archives, Martin Alarie

Le dangereux proxénète Cleephord-Linecker Losse (chemise rouge sur la photo) lors d’une précédente audience au palais de justice de Montréal.

Un violent proxénète qui a fait d’une ado et d’une jeune femme ses esclaves sexuelles a écopé aujourd'hui de neuf ans de pénitencier, par un juge qui n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’odieux de ses crimes.

« Ce type de proxénète est un fraudeur, il attire ses jeunes proies en les charmant et en leur faisant miroiter une belle vie. Ce type d’individu vampirise ses victimes pour les abandonner complètement détruites, une fois que celles-ci ne lui sont plus utiles », a affirmé le juge Érick Vanchestein, aujourd'hui au palais de justice de Montréal.

C’est que Cleephord-Linecker Losse, 31 ans, pouvait être particulièrement violent avec ses victimes, qu’il a forcées à se prostituer de 2015 à 2017. 

La première, une ado de 15 ans, est tombée enceinte et a dû avorter. Quant à la seconde, âgée de 21 ans, elle était confinée dans une chambre de motel insalubre où elle était droguée pour rester éveillée et faire plus de clients.

« Ce contrôle allait même jusqu’à la nourriture qu’elle pouvait consommer afin qu’elle ne grossisse pas », a déploré le magistrat en ajoutant qu’à un moment, le proxénète a poussé la jeune femme à tenter de se suicider.

Les deux victimes, qui avaient été charmées par Losse avant de plonger dans un enfer, n’avaient jamais connu la prostitution.

Écoutez la chronique de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:

Esclavage moderne 

Losse, qui s’est fait plus de 40 000 $ sur le dos des victimes, a été arrêté après avoir été dénoncé par la jeune femme de 21 ans. 

Menacée d’être envoyée à Halifax et craignant de « disparaître à tout jamais », elle s’est enfuie pour aller voir les policiers qui ont su la rassurer et la protéger.

« Le traitement que l’accusé lui a fait subir est des plus dégradants et ne constitue ni plus ni moins qu’une “forme d’esclavage moderne” », a dit le juge, qui l’a déclaré coupable, entre autres, de traite de personne et de contacts sexuels.

Depuis, les victimes tentent de se reconstruire malgré les traumatismes. 

L’une d’elles a l’impression que sa vie est un « champ de mines » tandis que l’autre souffre d’un syndrome post-traumatique.

Mais elles peuvent au moins se dire que Losse croupira derrière les barreaux pendant longtemps, en plus d’être inscrit au registre des délinquants sexuels, et ce, jusqu’à sa mort.

Présentes dans la salle d’audience aujourd'hui, elles ont d’ailleurs pu le voir se faire menotter avant qu’il ne s’engouffre dans les couloirs de la détention.

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