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Omicron risque de rapidement devenir majoritaire en Europe

L'Allemagne va imposer des restrictions drastiques aux non-vaccinés s'apparentant à un quasi-confinement, alors qu'un vent de panique souffle dans le monde face au variant Omicron, qui risque de devenir majoritaire en Europe d'ici «les tout prochains mois», selon l'agence de l'Union européenne chargée des maladies.

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La chancelière Angela Merkel a annoncé jeudi un durcissement des restrictions visant les personnes non vaccinées contre la COVID-19, qui n'auront plus accès aux commerces non essentiels, restaurants, lieux de culture ou de loisirs.

Ils devront aussi limiter leurs contacts, à domicile ou à l'extérieur.

Ces mesures ont été prises à l'issue d'une réunion avec son successeur, Olaf Scholz, et les dirigeants des 16 régions du pays. Un projet de loi sur l'obligation vaccinale, à laquelle M. Scholz est favorable, sera soumis au parlement pour une entrée en vigueur en février ou mars.

Aux États-Unis, où un second cas du variant Omicron a été détecté jeudi dans le Minnesota, le président Joe Biden a lui présenté un nouveau plan de lutte contre la COVID-19, qui ne contient toutefois aucune mesure radicale ou contraignante.

Les voyageurs internationaux devront présenter un test négatif réalisé dans la journée précédent leur départ, les tests réalisés à domicile seront désormais remboursés, mais M. Biden s'est abstenu de prendre des mesures trop risquées politiquement, dans un pays dont moins de 60% de la population est pleinement vaccinée.

Alors que ses tentatives d'imposer notamment la vaccination dans les entreprises ont rencontré l'opposition des Républicains, il a estimé que la lutte contre la COVID-19 «ne devrait pas» être un sujet de division politique.

Ailleurs dans le monde, les restrictions se multiplient. En Norvège, le gouvernement a introduit jeudi de nouvelles restrictions sanitaires à Oslo et sa région après l'apparition d'un foyer présumé du variant parmi des dizaines de personnes pourtant toutes vaccinées, lors d'un repas de Noël.

En Suisse, 2000 personnes dont 1600 élèves ont été placées en quarantaine après la découverte de deux cas du variant sur un campus de la très réputée École internationale de Genève.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), basé à Stockholm, a de son côté indiqué que «les données préliminaires suggèrent un avantage substantiel» du nouveau variant sur le variant Delta jusqu'ici dominant.

Sur la base de ces modèles mathématiques, «Omicron pourrait causer plus de la moitié des infections provoquées par le virus SARS-CoV-2 dans l'Union européenne d'ici les tout prochains mois», a mis en garde l'agence jeudi.

Pour l'heure, a souligné à Genève le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, l'insuffisance de la couverture vaccinale contre la COVID et celle du niveau de dépistage constituent un mélange «toxique».

«Question de choix»

C'est «une recette parfaite pour que des variants se reproduisent et s'amplifient», a-t-il prévenu, soulignant que la fin de la pandémie était «une question de choix».

Premier grand évènement à en être victime, le prochain volet de la COP15 - la convention de l'ONU sur la biodiversité - qui aurait dû avoir lieu en janvier à Genève, a été repoussé à cause des «incertitudes» liées au variant Omicron.

En Afrique du Sud, où a été annoncée l'identification du variant Omicron la semaine dernière et où moins d'un quart de la population est vaccinée, les autorités ont décrit mercredi devant le Parlement une propagation «exponentielle» du virus. Le nouveau variant y est déjà dominant.

Selon une chercheuse de l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD), Anne von Gottberg, les anticorps issus d'une première infection au Covid-19 n'empêchent pas d'attraper à nouveau la maladie avec le variant Omicron.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé les fermetures de frontières, les qualifiant d'une forme d'«apartheid» contre une Afrique pas suffisamment vaccinée.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a elle aussi estimé que la priorité demeurait de «s'assurer que les vaccins sont produits et distribués le plus rapidement possible à travers le monde».

Le variant Omicron a été repéré sur tous les continents, notamment en Europe, déjà confrontée avant son apparition à un fort rebond de l'épidémie.

Les États du Vieux continent ont décidé de durcir à nouveau les restrictions sanitaires: contrôles aux frontières, interdiction de voyager vers l'Afrique australe, masque obligatoire dans les transports et les magasins au Royaume-Uni, recommandation de vacciner les enfants vulnérables en France, etc.

«Virus sans frontières»

Divers laboratoires, dont Moderna, AstraZeneca, Pfizer/BioNTech et Novavax, se sont dits confiants dans leur capacité à créer un nouveau vaccin contre Omicron. La Russie a, elle aussi, annoncé travailler sur une version de son Spoutnik V ciblant spécifiquement ce variant.

Jamais un variant de la COVID-19 n'avait provoqué autant d'inquiétude depuis l'émergence de Delta, actuellement dominant et déjà très contagieux.

L'OMS juge «élevée» la «probabilité qu'Omicron se répande au niveau mondial», même si de nombreuses inconnues demeurent: contagiosité, efficacité des vaccins existants, gravité des symptômes. À ce jour cependant, aucun décès associé à Omicron n'a été signalé.

La COVID-19 a fait au moins 5 223 072 morts dans le monde depuis son apparition fin 2019 en Chine, selon un comptage de l'AFP jeudi.

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