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Un proxénète voulait acheter une adolescente pour 5000$

L’ado de 17 ans dit avoir été forcée à se prostituer dans cette chambre de l’hôtel Chablis, dans l’est de Montréal. Elle a été agressée sexuellement avec une fausse arme alors qu’elle était menottée.

Photos courtoisie de la cour

L’ado de 17 ans dit avoir été forcée à se prostituer dans cette chambre de l’hôtel Chablis, dans l’est de Montréal. Elle a été agressée sexuellement avec une fausse arme alors qu’elle était menottée.

Une ado qui voulait se faire une passe d’argent rapide ne se doutait pas qu’en quelques jours un présumé proxénète allait proposer de l’acheter pour 5000 $ afin d’en faire son esclave sexuelle.

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« Steve a offert beaucoup d’argent, 5000 $ à 10 000 $, j’aurais travaillé quand il le voulait, comme il le voudrait », a affirmé la victime de Steve Bédard et Benjamin Dion, lors d’un interrogatoire policier présenté mercredi au palais de justice de Montréal.

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L’adolescente de 17 ans, que l’on ne peut nommer sur ordre de la cour, a raconté la terrible semaine qu’elle a vécue en août 2019, quand elle s’est mise à chercher de l’argent facile afin de payer une dette.

Dion, 20 ans, qui la connaissait alors qu’ils étaient en centre jeunesse, lui a alors proposé de l’aider à se prostituer. Bédard, 27 ans, est alors entré en scène et peu après, l’adolescente était exploitée pour la première fois de sa vie.

 

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« Benjamin publiait des annonces sur des sites, c’est Steve qui textait les clients, a-t-elle rapporté. Moi, je faisais des clients, j’en faisais tout le temps. »

Ainsi, même si elle n’a finalement pas été vendue à Bédard, elle pouvait commencer à travailler dès l’aube. Et après chaque passe, elle devait lui remettre tout l’argent. Faire autrement aurait été « du suicide », a-t-elle affirmé.

« Il me disait de fermer ma gueule, de ne pas oublier que j’étais sa bitch », a dit l’ado.

L’interrogatoire est ensuite devenu très émotif quand la jeune a été questionnée sur des agressions sexuelles filmées. Mais rassurée par une enquêtrice qui lui a rappelé qu’une équipe était là pour sa sécurité, l’ado s’est ouverte en ajoutant ne pas vouloir être « un objet qu’on exploite ».

« Ils m’attachaient avec des menottes, ils trouvaient ça drôle, a difficilement expliqué la victime en disant avoir été forcée à des pratiques sexuelles. Ils disaient que c’était pour me pratiquer. »

Sauvée in extremis  

L’ado a ensuite été agressée avec une fausse arme à feu, mais comme elle était intoxiquée, elle ne s’en souvenait pas. Elle l’a su quand elle a appris que des vidéos d’elle circulaient sur les réseaux sociaux.

Ce sont d’ailleurs ces images qui ont permis au Groupe tactique d’intervention de sauver la victime, alors que les accusés auraient été en discussion pour l’envoyer dans l’Ouest canadien. Les policiers avaient défoncé la porte de la chambre à coups de bélier pour arrêter Dion et Bédard.

« J’ai jamais été aussi contente de voir la police de ma vie. Je ne serais sûrement pas revenue », a conclu la jeune de 17 ans, en ajoutant parler pour « toutes les petites filles qui n’ont pas le SWAT [GTI] qui débarque pour les sauver ».


Le procès de Dion et Bédard pour traite de personne mineure et agression sexuelle se poursuit jeudi.

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