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Meurtre à Anjou: «On l’avait dit que ça allait arriver»

Patrick André Perron de Anjou

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Patrick André Perron de Anjou

Des citoyens d’Anjou sont découragés de voir une fusillade mortelle entre jeunes survenir dans leur quartier, alors qu’ils exhortent les autorités à prendre des mesures pour faire diminuer les crimes dans leurs rues depuis des mois. 

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«C’est toujours la même gang de jeunes. On a d’abord eu des aiguilles dans un terrain de jeux pour enfants. Ensuite, des pneus crevés. Après, un projectile sur le pare-brise d’une résidente. Maintenant, une fusillade à Anjou, c’est la suite logique», se désole Patrick André Perron, un résident du quartier. 

MARTIN ALARIE / JOURNAL DE MONTREAL

Son fils, âgé de 10 ans, l’a d’ailleurs échappé belle jeudi soir en revenant de son cours de karaté. Vers 19h05, il marchait seul sur la rue où un homme de 20 ans a été tué par balle. Heureusement, la fusillade s’est produite vers 19h15, soit quelques minutes après son passage.

«On l’avait dit que ça allait arriver. J’ai souvent prévenu le maire de la montée de la violence dans le quartier, mais c’était banalisé ou diminué. Peut-être qu’il voulait nous rassurer, mais on voit maintenant qui avait raison», critique M. Perron, qui fait partie d’un groupe de citoyens surveillant dorénavant les voyous. 

Quartier chaud

Cynthia Charland, une mère de trois enfants de moins de 11 ans, fait aussi pression auprès des autorités, depuis des années, pour augmenter les policiers et les intervenants sociaux près de chez elle.

«On savait malheureusement qu’on allait en venir à ça éventuellement. Les actes de vandalisme et les crimes étaient de plus en plus récurrents. On sentait que ça devenait chaud dans le quartier. On a rencontré les policiers et la députée du coin dans les derniers mois, mais pour eux, rien n’était urgent. On voit avec cette fusillade que nos inquiétudes étaient fondées», déplore Mme Charland.

Photo Agence QMI, Thierry Laforce

Zahir Oudahmane, un père de famille qui vit à Anjou depuis plus de 20 ans, confie qu’il compte carrément déménager s’il trouve une autre maison à son goût dans un endroit plus sécuritaire. 

«J’avais écrit une lettre à la Ville pour dire qu’il y avait une gang de jeunes un peu violents dans le quartier, il y a quelques années. Au début, c’était anodin. Mais malheureusement, le problème a grossi et on est rendu avec des coups de fusil. On aurait pu faire plus avec des intervenants sur le terrain par exemple», mentionne ce père de quatre enfants.

Pas de dangers, selon le maire

Luis Miranda, maire de l'arrondissement montréalais, affirme que la fusillade impliquant quatre coups de feu est un événement «triste». Il assure toutefois qu'il n'a jamais banalisé la violence dans son arrondissement, au cours des derniers mois. 

«On prend ça au sérieux. Cet été, on a embauché plus de cadets pour surveiller l’arrondissement. On avait de la sécurité aussi dans nos parcs. Malheureusement, on ne peut pas être à tous les coins de rue», indique M. Miranda. 

Le maire avoue que davantage de policiers et de travailleurs de rue seront nécessaires, à l’avenir, pour faire diminuer la violence dans son arrondissement. 

«C’est clair que de jeunes voyous deviennent de grands voyous un jour, mais il ne faut pas généraliser. L’incident de jeudi soir, c’est un incident de trop. [...] À Anjou, on ne peut pas dire qu’il y a des problèmes tant que ça. On met tous les efforts pour sécuriser la vie des gens, mais ce n’est pas plus violent qu’ailleurs à Montréal», conclut Luis Miranda.

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