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Main-d’oeuvre: le cri du cœur de commerçants de Saint-Hyacinthe a été entendu

Caroline Lepage / AGENCE QMI

Le problème de la pénurie de main-d’œuvre est encore sur toutes les lèvres et risque de ne pas être réglé de sitôt, mais des initiatives, comme celle lancée à Saint-Hyacinthe cet été, ont pu être très bénéfiques pour certains commerçants. 

Lorsque la zone rouge a été levée et qu’ils ont pu rouvrir leurs portes, les commerçants du centre-ville de Saint-Hyacinthe ont vite compris que la recherche d’employés était prioritaire.

«Il y avait une situation d’urgence. Il fallait agir vite», expose André Marcotte, directeur général de la Société de développement commercial (SDC) centre-ville de Saint-Hyacinthe. Pour recruter des travailleurs, il s’est associé à l’organisme en employabilité Espace Carrière et la journée «Travaille ton centre-ville» est née.

PHOTO COURTOISIE

«Le concept, le titre et la date de l’événement, ça s’est décidé en une heure», illustre la conseillère en emploi, Catherine Plante.

Les chercheurs d’emplois étaient invités au centre-ville, le 8 juin dernier, pour rencontrer sur place la vingtaine d’employeurs qui recrutaient. Les candidats se voyaient remettre une carte du centre-ville identifiant les commerces participants qui eux, affichaient dans leur vitrine un marqueur rouge de localisation du genre Google Maps. Une quarantaine de postes étaient offerts. Les gens qui devaient refaire leur CV pouvaient se rendre chez Espace Carrière. Les organisateurs s’occupaient de la logistique pour décharger les commerçants déjà débordés par leur réouverture.

Entre deux clients, la copropriétaire de La Piazzetta, Marcelle Portelance, estime avoir rencontré une vingtaine d’intéressés. «Ça a été extrêmement bénéfique. Ça a continué avec le bouche-à-oreille», dit celle qui a pu redémarrer le resto grâce aux nouvelles recrues.

Entraide et indulgence

Les commerçants du centre-ville s’entraidaient au lieu de se voler les employés. «Les derniers mois ont eu un effet rassembleur», commente Mme Portelance. Pour la dépanner, un restaurateur lui a prêté un de ses plongeurs, à temps partiel, qui complétait son horaire à La Piazzetta.

Sur le plancher, la proprio sensibilisait ses clients au manque criant de personnel et leur demandait d’être indulgents. «Il n’y a eu aucune agressivité», partage-t-elle.

Elle préférait même en refuser si le service plutôt lent, ce jour-là, risquait de leur faire manquer leur spectacle en soirée.

Aujourd’hui, Mme Portelance se bat toujours avec le manque de personnel et transige avec des avocats en immigration pour recruter à l’étranger. Elle a déniché deux cuisiniers français avec qui elle communique via Zoom. L’un d’entre eux travaillait dans un resto niché sur l’avenue des Champs-Élysées, à Paris. «Je lui dis qu’au centre-ville de Saint-Hyacinthe, on a une belle rue des Cascades», blague-t-elle.

Catherine Plante vend la «vibe» du centre-ville, avec sa riche gamme de commerces de proximité, pour y attirer les chercheurs d’emploi.

Caroline Lepage / AGENCE QMI

Le retour des cours collégiaux en présentiel cet automne donne aussi un coup de main en attirant davantage d’étudiants disponibles pour travailler à temps partiel.

Malgré l’aide, plusieurs commerçants à bout de souffle réduisent leurs heures d’ouverture pour se reposer, faute de renfort. «Le discours est aussi intense et peut-être même pire que l’été dernier», lance M. Marcotte, de la SDC, signe que la pénurie de main-d’œuvre est bien installée.

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