/news/coronavirus

Aller vacciner dans la jungle

Simon Dessureault / AGENCE QMI

Treize retraités québécois qui ont travaillé dans des cliniques de vaccination contre la COVID-19 au cours de la pandémie s’envoleront bientôt pour la forêt amazonienne pour faire bénéficier la population locale de leur expertise.

• À lire aussi: Traitement oral contre la COVID-19: Merck prépare sa distribution mondiale

• À lire aussi: La France renforce les mesures sanitaires dans les écoles et ferme ses discothèques

• À lire aussi: Quelles règles pour les rassemblements du temps des Fêtes?

Julie Picard, qui était sortie de sa retraite d’infirmière pour gérer la clinique de vaccination à Joliette, dans Lanaudière, a eu cette idée en avril dernier.

«On a un service en or pour la vaccination ici, alors que d’autres pays n’ont rien, pas de main-d’œuvre», a mentionné la dame de 60 ans, que nous avons rencontrée avec quatre autres participants au projet qui se déroulera au Pérou.

L’équipe – tous des bénévoles - partira pour un mois le 7 mars à destination de Lima, puis de localités du nord du Pérou parmi les moins accessibles du pays, soit Iquitos (uniquement accessible par voies aériennes ou fluviales), Indiana et Santa Cecilia.

«Il n’y a pas d’électricité la nuit en jungle profonde à Santa Cecilia, mais on n’ira pas se faire manger par des anacondas [une espèce de serpents constricteurs]», a affirmé à la blague Julie Picard, qui a précisé que tout le monde logera à l’école des infirmières bâtie par l’organisme Infirmières et Infirmiers Sans Frontières (IISF) à Indiana. IISF est partenaire de l’aventure, tout comme la direction de la santé de la région où le projet se déroulera qui fournira les vaccins et l’équipement médical.

«On amène des bras, on s’en va là pour vacciner, on veut apporter une aide à partir de leur réseau déjà en place», a ajouté Mme Picard.

Les Québécois auront également une formation - car chaque pays a une façon de procéder -, notamment par rapport au type de vaccin à injecter.

Ce pays d’Amérique du Sud est un des pays les plus impactés par la pandémie, selon le département de médecine de l’Université John Hopkins, avec plus de 2,2 millions de cas confirmés et 201 360 morts.

Bénévolat

L’infirmière à la retraite Dominique Desfossés, chef d’équipe au site de vaccination à Repentigny, a été la première à être séduite par l’idée de sa collègue.

«Mes yeux brillaient, ç’a été un coup de foudre d’amitié entre moi et Julie, on rencontrait nos idéaux toutes les deux», a décrit Mme Desfossés, qui a ensuite eu besoin de deux semaines pour convaincre son conjoint de l’accompagner.

«Le Pérou, ‘’dans quoi on s’embarque’’ que je me disais, a donc renchéri son conjoint, Denis Martel, qui a été aide de service pour la vaccination et gardien de prison durant une partie de sa carrière. J’ai aussi déjà accompagné Dominique dans son stage au Burkina Faso.»

Mme Desfossés a souligné que le groupe doit suivre l’actualité en ce qui concerne le variant Omicron. «Si le gouvernement fermait les frontières, il nous faudrait une permission spéciale des deux gouvernements parce qu’on aille faire de la vaccination humanitaire.»

Diane Lessard, orthophoniste à la retraite, comptait quant à elle parmi les professionnelles qui pouvaient procéder à la vaccination de la COVID-19 à Repentigny. Elle fera aussi partie de la mission.

«Je veux tellement y aller, je suivais Julie partout quand elle est venue nous faire sa présentation», nous a confié Mme Lessard, qui parle espagnol et qui a déjà visité 15 pays en 12 mois.

Les autres participants sont des gens de Montréal et de la Montérégie. Une deuxième mission pourrait avoir lieu à l’automne 2022.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.