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Un procès sans le pasteur Mukendi?

L'apôtre de la ville de Québec, Paul Mukendi, se trouve bel et bien au Congo a affirmé, lundi, une sergente-détective du SPVQ et la Couronne s’est fait entendre pour que le 2e procès du révérend puisse être tenu sans sa présence. 

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Il est plutôt rare qu’un juge soit saisi d’une requête «ex parte» pour pouvoir procéder en l’absence d’une partie.  

C’est tout de même la voie qu’a choisie la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Me Sonia Lapointe, pour que le pasteur qui est accusé d’agression sexuelle et de voies de fait pour des gestes qui auraient été commis entre 2004 et 2006 - et dont le procès a débuté en mai - soit jugé.  

Me Lapointe a mentionné au juge Jean Asselin qu’il existait un site Facebook sur lequel Mukendi s’adresse à sa congrégation depuis qu’il a fui le pays, après que la Cour d’appel eut maintenu la peine de huit ans qui lui a été imposée lors de son premier procès par le juge Jean-François Emond.  

Sur une vidéo, jouée en salle d’audience, et diffusée le 18 septembre dernier, Mukendi «diffuse sa vérité» en soutenant «fuir l’injustice québécoise».  

L’intérêt de la justice doit l’emporter  

Pour elle, la preuve est claire que Mukendi s’esquive volontairement et que «l’intérêt de la justice doit l’emporter sur l’absence» de l’homme d’Église.  

«Depuis sa fuite, il y a eu plusieurs démarches policières qui ont été effectuées pour pouvoir le localiser (démarches qui ont été expliquées au juge dans le cadre d’un huis clos) et, malgré les différents mandats émis, monsieur Mukendi n’est toujours pas devant vous», a plaidé Me Lapointe.  

Au surplus, elle a mentionné au Tribunal que les «motifs» invoqués dans la vidéo pour expliquer sa fuite étaient on ne peut plus limpides et qu’il était évident qu’il n’avait plus «confiance en la justice québécoise».   

«Vous allez devoir vous demander si l’intérêt de la justice l’emporte considérant la nature des infractions, les délais encourus, la victime qui est à la remorque du dossier et qui attend de témoigner et le mépris qu’il démontre à l’égard de notre système», a-t-elle ajouté.  

Le président du Tribunal fera savoir, mardi matin, si le procès pourra avoir lieu et, si tel est le cas, il se tiendra immédiatement après la décision.  

Maman Carmen et cie  

En après-midi, l’épouse de Mukendi, celle que les fidèles du révérend appellent «Maman Carmen» a officiellement comparu, de même que Cedric Malayi, Stéphane Milliard et Pierrick Tardif.  

Les quatre individus sont accusés d’avoir, le 22 août, harcelé la présumée victime du pasteur et d’avoir transgressé une ordonnance de la Cour qui interdisait de «publier ou de diffuser» l’identité de la jeune femme.  

Les quatre coaccusés étaient absents du palais de justice, ayant choisi d’être représentés par avocats. Leur dossier sera ramené devant le Tribunal le 24 février. 

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