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Policier désarmé: le suspect semble déconnecté de la réalité

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Photo d'Archives, Agence QMI

L’homme accusé d’avoir désarmé et tiré sur un policier et d’avoir ensuite tué un codétenu serait apte à subir son procès, bien qu’il ait apparu complètement déconnecté de la réalité lors de son passage à la cour ce lundi. 

« Il ne semble pas percevoir ce qui se passe », a noté le juge Salvatore Mascia ce lundi au palais de justice de Montréal.

C’est qu’Ali Ngarukiye, qui comparaissait par visioconférence de l’Institut Philippe-Pinel où il est détenu, ne semblait pas vraiment bien aller. L’air hagard, enchaîné à une chaise et flanqué de deux agents, il n’a pas dit un mot au début de l’audience.

Rapidement, les avocats ont expliqué que selon un rapport d’expertise psychiatrique, l’accusé de 22 ans pouvait être considéré apte à subir son procès.

« Il remplit les critères minimaux », a-t-il été dit à la cour.

Mais les choses se sont gâtées quand la défense a demandé à Ngarukiye s’il comprenait la situation.

« Come on, parle, faut que tu parles, man, a alors lancé Ngarukiye en semblant parler de lui-même à lui-même. J’veux dire, allez Ali, faut que tu parles. »

L’accusé a ensuite continué à se parler pendant que les avocats discutaient sur la suite des choses.

« Tiens-toi debout man, pourquoi y’a des gants, je ne fais rien », a-t-il dit en tirant sur les chaînes le confinant à sa chaise.

Criminellement responsable

À ce stade-ci, il n’est pas possible de savoir si Ngarukiye était réellement déconnecté de la réalité ou s’il simulait. Mais quoi qu’il en soit, les avocats ont accepté de reporter la cause à mercredi. La défense tentera alors d’avoir une discussion en personne avec l’accusé, ce qu’elle n’a pas été capable de faire depuis plusieurs mois.

Si la rencontre s’avère fructueuse, les deux dossiers de Ngarukiye pourront avancer.

Le premier remonte à janvier dernier, pour la violente agression contre le policier Sanjay Vig dans le quartier Parc-Extension à Montréal. Ce jour-là, le patrouilleur avait intercepté un véhicule quand il s’est fait attaquer par-derrière, avec une barre de métal.

Le suspect avait réussi à saisir l’arme du patrouilleur pour ensuite faire feu sur lui avant de prendre la fuite, causant une chasse à l’homme qui avait mené à l’arrestation par erreur de Mamadi Camara, qui avait été détenu plusieurs jours avant d’être innocenté et relâché.

La deuxième affaire serait survenue en juin lorsque Ngarukiye aurait tué un codétenu en plus de commettre des outrages à son cadavre.

Selon une expertise psychiatrique, l’accusé peut être tenu criminellement responsable des gestes qui lui sont reprochés. 

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