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Procès de la belle-mère de Granby: «avec du recul, elle aurait agi différemment»

L’avocat de la belle-mère accusée du meurtre non prémédité et de séquestration d'une fillette de Granby a rappelé au jury que sa cliente a avoué qu'elle aimait profondément la victime .

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L’avocat de la défense, Alexandre Biron, a commencé sa plaidoirie, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières, en invitant les jurés à se demander où le ruban adhésif avait-il été apposé? Quand? Par qui? Et pourquoi?

Il est revenu sur les évènements du drame.

«Une série de décisions ont été prises {...} le résultat est extrêmement triste, c'est regrettable {...} personne ne vous dit que c'était une bonne idée, elle [l'accusée] vous l'a dit {...} avec du recul, dans sa cellule, elle aurait agi différemment», a exprimé l’avocat de la belle-mère de 38 ans.

Lors de son témoignage, l’accusée a admis avoir enrubanné la fillette avec du ruban adhésif, mais qu'elle l'a fait dans l’intention de l’empêcher de se sauver en attendant son rendez-vous avec la pédopsychiatre fixé en après-midi, le jour du drame.

L'avocat a réitéré que sa cliente maintient ne pas avoir recouvert le nez et la bouche de la victime avec du "tape".

Selon la consultante en pathologie, Anny Sauvageau, le ruban adhésif aurait dû être appliqué sur la bouche après 11 h pour qu’elle décède d’une suffocation externe et puisse être réanimée à l'hôpital dans l'heure suivante.

Sur la déclaration faite par le fils de l'accusée aux policiers, à l'effet que la fillette avait le visage complètement recouvert de "tape" quand elle a été découverte inanimée, l'adolescent a avoué en contre-interrogatoire qu'au moment d'entrer dans la chambre, sa mère lui enlevait du ruban sur le front et les cheveux. Selon l'avocat, il a simplement déduit qu'elle en avait partout, dont sur le nez et la bouche, ce qui n'atteste de rien.

Dans sa théorie de la cause, l'avocat de la belle-mère est revenu sur le témoignage du policier Martin Noël, un des premiers intervenants à être entré dans la chambre où reposait le corps inanimé de la fillette le matin du 29 avril 2019.

Il a parlé d'un corps chaud, de la présence d'une chaleur ambiante importante, ce qui soutiendrait la théorie que l'hyperthermie (coup de chaleur extrême), puisse avoir joué un rôle dans le décès. L'agent Noël dit avoir remarqué des marques de compression sur les bras, les avant-bras, le ventre et les cuisses de la fillette: «Jamais il n'a remarqué ces marques sur son visage. Ne pensez-vous pas qu'elles auraient été visibles? Ces constatations n'appuieraient-elles pas la thèse de l'asphyxie mécanique? Je vous laisse apprécier», a insisté Me Biron auprès des jurés.

Incapable de respirer adéquatement, il a pu s'écouler, selon les experts, plusieurs heures avant que son décès ne survienne sans pour autant l'empêcher d'émettre des sons, ce qui est compatible avec la version de plusieurs personnes à l'effet que l’enfant criait de manière constante l'avant-midi des tragiques événements.

«L'accusée a livré un témoignage empreint d'émotions et de regrets, vous a dit qu'elle aimait profondément la victime, a mentionné l'avocat de la défense. Si vous la croyez, demandez-vous pourquoi elle aurait commis ces gestes, sachant qu'ils pouvaient entraîner sa mort?»

Me Alexandre Biron complètera sa plaidoirie mardi après quoi ce sera au tour de la poursuite d'exposer sa théorie de la cause.

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