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Les éducatrices du privé sont fortement courtisées

Le Centre de la petite enfance Feu Vert sur le chemin Sainte-Foy, à Québec.

Photo Agence QMI, Daniel Mallard

Le Centre de la petite enfance Feu Vert sur le chemin Sainte-Foy, à Québec.

L’offre salariale d’une ampleur « historique » pour les éducatrices en CPE provoque déjà une hausse du maraudage ainsi que l’exode d’une partie du personnel dans certains établissements privés.

• À lire aussi: Grèves dans les CPE: SOS gardiennage pour les parents

Forcés de bonifier le salaire des éducatrices, des établissements privés ont déjà annoncé pour janvier 2022 une augmentation significative des tarifs quotidiens pour chaque enfant.

Pour éviter de perdre du personnel et assurer la survie de leurs installations, les gestionnaires n’ont eu d’autre choix que de refiler la facture aux parents.

Déjà au mois d’octobre dernier, l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI) sonnait l’alarme sur les effets dévastateurs de la bonification des conditions salariales des éducatrices en CPE et en garderie subventionnée.

En Beauce, un établissement privé a déjà annoncé une augmentation de 8 $ par jour par enfant afin d’éviter d’autres départs, de devoir éliminer des groupes faute d’éducatrices, ou carrément de fermer une installation.

Inévitable

« Nous n’avons pas le choix. Depuis octobre, trois de nos éducatrices ont quitté pour des CPE. L’augmentation de 8 $ servira uniquement à bonifier les salaires, payer les déductions à la source et les nouveaux avantages sociaux », mentionne Guillaume Cormier, de la Maison d’enseignement Let’s go, de Saint-Georges, qui accueille 130 enfants dans deux établissements.

Pour son équipe, l’impact fut effectivement immédiat. « Il y a clairement une intention du gouvernement d’aller piger dans nos garderies. C’est quand même nouveau de voir un gouvernement qui veut faire fermer 850 PME au Québec », ajoute-t-il.

Dans sa lettre envoyée aux parents, le gestionnaire et propriétaire, qui n’est membre d’aucune association, invite d’ailleurs les parents à communiquer avec le député local Samuel Poulin afin de savoir « pourquoi il y a deux catégories de parents au Québec ».

Ailleurs, pour le président de l’AGNSI, ce maraudage était hautement prévisible.

« On le dit depuis longtemps. La seule chose qui retient nos éducatrices, c’est le lien qui se crée avec leurs gestionnaires. Je ne comprends pas ce gouvernement », précise David Haddaoui, qui recommande aussi à ses membres d’augmenter les salaires de plusieurs dollars de l’heure.

Le coût moyen

« En même temps, on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas », termine M. Haddaoui, qui représente 1350 établissements et 70 000 enfants.

Le 25 novembre dernier, le ministre des Finances, Eric Girard, a décrété que le coût moyen en garderie privée au Québec était de 40 $/jour. Le secteur privé répète qu’il ne peut fonctionner à ce prix.

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