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La serre de l’ancien zoo de Québec sera bel et bien démolie, confirme la Ville

Photo d'archives Jérémy Bernier

Fermée au grand public depuis 15 ans, la serre indo-australienne de l’ancien jardin zoologique tombera bel et bien sous le pic des démolisseurs d’ici quelques semaines, confirme la Ville de Québec qui ne jouera pas au sauveur.

Construite au coût de 14 millions de dollars, cette infrastructure vitrée d’envergure, a été laissée à l’abandon depuis 2006. Ceux qui réclamaient son sauvetage, plaidant pour une seconde vie et une nouvelle vocation, sont extrêmement déçus et crient déjà au scandale.  

Les discussions entre la Ville de Québec et le Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries, propriétaire des lieux, n’ont pas permis de trouver une solution pour conserver la serre, inaugurée en 2002.  

La conseillère du district Louis-XIV, Marie-Pierre Boucher (QFF) et le président de l'arrondissement de Charlesbourg, Claude Lavoie (QFF), ont confirmé la démolition inévitable de la serre indo-australienne, jeudi, lors d'un point de presse au Bureau d'arrondissement de Charlesbourg.

Photo Jean-Luc Lavallée

La conseillère du district Louis-XIV, Marie-Pierre Boucher (QFF) et le président de l'arrondissement de Charlesbourg, Claude Lavoie (QFF), ont confirmé la démolition inévitable de la serre indo-australienne, jeudi, lors d'un point de presse au Bureau d'arrondissement de Charlesbourg.

Le nouveau maire Bruno Marchand avait préparé les esprits dans les dernières semaines. Il reconnaissait avoir «peu de pouvoirs» et un «rôle limité» puisque le terrain n’appartient pas à la Ville mais au Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries qui lui, a hérité du terrain du gouvernement provincial en juin dernier. 

En conférence de presse, jeudi, le président du conseil d’arrondissement Claude Lavoie (EMJS) a confirmé le sort qui attend la serre. «Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous sommes ici ce matin. On aurait préféré vous annoncer une nouvelle positive mais compte tenu de toutes les informations que nous avons reçues, la déconstruction aura lieu.»  

Les travaux préparatoires ont déjà débuté. La «déconstruction» de la serre aura lieu en janvier prochain, a confirmé le Centre de services scolaires. «Le site sera restauré de manière écologique. Un maximum de matériaux sera récupéré ou recyclé, dont un arbre-fontaine provenant de la serre qui sera intégré à une classe extérieure. À noter que le bâtiment d’accueil sera conservé pour servir à la communauté», a-t-on indiqué dans un communiqué. 

Consultation pour l’avenir du site 

La Ville aura un rôle à jouer pour l’avenir du site. «Nous allons vraiment nous asseoir au retour des Fêtes avec le Centre de services scolaires pour trouver une nouvelle vocation à ce site-là», a-t-il déclaré. «Ce qui est important pour nous, maintenant, c’est de voir ce qu’on fait et d’impliquer les citoyens», a renchéri la conseillère Marie-Pierre Boucher (QFF), qui siège au comité exécutif.  

Dans un autre communiqué conjoint, la Ville et le Centre de services scolaires confirment que les citoyens de Québec auront de nouveau accès à cet «espace de vie» dans le futur. L’aménagement des lieux fera l’objet «d’une large participation citoyenne». Dans le passé, rappelle-t-on, de nombreux appels de projets ont été «infructueux» concernant la serre. La déconstruction était «la seule solution envisageable», affirme-t-on.  

La Ville, de toute évidence, n’a jamais véritablement envisagé d’acquérir le bâtiment qui aurait nécessité, dit-on, des rénovations de 7,5 M$, en plus des frais d’entretien annuels de plusieurs centaines de milliers de dollars. Qui plus est, la déconstruction de la serre est une étape «préalable» à la construction des deux écoles qui verront le jour sur le site, a indiqué Mme Boucher, puisque le terrain servira en partie à l’aménagement d’un bassin de rétention.  

La CAQ est «responsable», dit Dorion

Les réactions n’ont pas tardé. La députée de Québec Solidaire Catherine Dorion, qui militait pour la sauvegarde de la serre, a accusé Jonatan Julien et Geneviève Guilbault du gouvernement caquiste d’être les « vrais responsables » de cette démolition, leur reprochant de ne pas avoir voulu entendre les nombreux citoyens mobilisés.  

Dans les dernières semaines, plus de 13 500 personnes avaient signé une pétition dans l’espoir de sauver l’infrastructure.

Plusieurs groupes de pression avaient également dénoncé la démolition planifiée par le Centre de services scolaire qui refuse d’investir davantage dans l’entretien de la serre inutilisée, préférant concentrer ses ressources financières sur les services aux élèves.  

Mme Dorion a déploré aussi le «manque de combativité» du nouveau maire de Québec Bruno Marchand dans ce dossier. «J’espère fort que cette posture n’est pas le présage des quatre années à venir.» 

Un «gaspillage éhonté»

De son côté, l’organisme Jardins de la Capitale, ne jette pas la pierre à la nouvelle administration Marchand mais plutôt au gouvernement et aux dirigeants du Centre de services scolaire qui n’ont «pas vu l’opportunité» de revitaliser cette serre «unique en Amérique».  

«C’est un scandale public. C’est du gaspillage éhonté du gouvernement du Québec puis un manque d’ouverture totale du Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries. La Ville de Québec a fait beaucoup de choses pour essayer d’ouvrir l’esprit de ces gens-là... Il y avait des pressions effrayantes sur la Ville par le gouvernement du Québec», a réagi Michel Lagacé en entrevue.  

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