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Des détails inconnus des jurés au procès de la belle-mère de la fillette de Granby

Plusieurs informations n’étaient pas connues du public et des jurés au procès de la belle-mère de la fillette de Granby qui s’est déroulé au palais de justice de Trois-Rivières. 

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Ces détails n’avaient pas été dévoilés pour éviter de teinter le jugement du jury.

Une ordonnance de non-publication empêchait aussi les médias de publier ces informations avant la fin du procès.

Deux ans avant les événements du 29 avril 2019, la belle-mère avait déjà été accusée de voies de faits graves sur la fillette alors qu’elle était en état d’ébriété. 

Elle l’avait tirée par les cheveux et l’avait projetée au sol. 

L’enfant avait fui la maison pour appeler les secours. La belle-mère avait toutefois obtenu une absolution inconditionnelle. 

«Effectivement, il y avait des drapeaux rouges que personne n’a vus, ou que personne n’a voulu voir», lance Me Valérie Assouline, avocate de la mère de la fillette. 

La défense a tenté de faire avorter le procès 

La défense a aussi tenté à deux reprises de faire avorter le procès de la belle-mère. 

Une requête en arrêt des procédures a d’abord été déposée par la défense, argumentant que la Couronne savait depuis le début du processus qu’elle allait s’opposer au témoignage d’une experte. 

Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge Nicole Gibeault sur QUB radio:

Cette requête a longuement été débattue pour finalement être rejetée par le juge. 

La défense a aussi menacé de faire avorter le procès lorsqu’un invité d’une émission médiatique aurait violé les ordonnances de non-publication imposées par la cour. 

Le juge a toutefois choisi de continuer les procédures. 

Le procès du père doit avoir lieu au mois de janvier, ce qui fait en sorte que plusieurs détails ne peuvent toujours pas être révélés par les médias. 

«Que le début» 

Le verdict de culpabilité de la belle-mère de la fillette de Granby n’est que le début, croit Me Assouline. 

«C’est la première pierre de la justice qu’on a déposée hier. C’est ce que je peux vous dire, parce qu’il y a plusieurs personnes également qui n’ont rien fait autour», affirme-t-elle. 

«C’est comme si elle était invisible. Comment est-ce qu’on peut ne pas voir une enfant qui pèse 36 livres et qui a des bleus partout? Comment on explique ça alors qu’elle était sous la tutelle de l’état, de la DPJ, qui était supposé la protéger?» se questionne 

Elle croit que les gens qui ont fermé les yeux sur la situation doivent être imputables.  

Une autre journée émotive

La journée de vendredi a été émotive au palais de justice de Trois-Rivières, au lendemain du verdict de culpabilité qui a été prononcé contre la belle-mère de la fillette de Granby. 

Les avocats plaideront la semaine prochaine sur le nombre d'années qu'elle devra purger avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

La femme de 38 ans a rapidement été trouvée coupable du meurtre non prémédité de sa belle-fille et de séquestration. Vendredi matin, ses proches, présents au tribunal, étaient en larmes pendant qu'elle regardait fixement devant elle.

Elle écope automatiquement d'une peine de prison à vie. 

Les avocats plaideront la semaine prochaine sur le nombre d'années qu'elle devra purger avant d'être éligible à une libération conditionnelle. 

À cette étape, les proches des victimes peuvent s'adresser au tribunal; la grand-mère paternelle de la fillette entend bien se faire entendre. 

«J'ai déjà commencé à écrire ma lettre», a-t-elle confié à TVA Nouvelles.

- Avec la collaboration de Patricia Hélie, TVA Nouvelles