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Des logements pour les exclus dans Hochelaga

Une ancienne piquerie du quartier Hochelaga a été transformée pour faire place à des chambres communautaires, grâce à coup de pouce de la Ville de Montréal et du fédéral. 

Avec Le 3629, 14 chambres seront mises à la disposition de personnes marginalisées et sans domicile fixe, qui pourront y établir domicile. Dès la semaine prochaine, les premiers locataires pourront y aménager.

«Ce qu’on fait ici, c’est de redonner de la dignité aux gens, en leur permettant d’avoir un espace, et de combler leur besoin de base de se loger», a expliqué Sylvie Boivin, directrice générale de L'Anonyme, l’organisme qui a supervisé le projet.

Les nouveaux occupants pourront rester aussi longtemps qu’ils le souhaitent, à condition qu’ils gardent l’endroit propre, conservent la quiétude du bâtiment et paient leur loyer.

Ceux-ci ont été sélectionnés après des entrevues individuelles. Mme Boivin prévoit déjà devoir établir une liste d’attente, devant l’enthousiasme suscité. «Il ne faut pas que tu sois capable de te loger ailleurs. Si tu ne rencontres aucun critère des autres types de logements sociaux, à ce moment-là, tu avais une possibilité de venir loger chez nous», a-t-elle dévoilé.

Contrairement à d’autres projets d’habitation s’adressant à des clientèles marginalisées, aucun intervenant social ne sera sur place. Ce sera à chacun de décider s’il veut un accompagnement.

C’est d’ailleurs l’un des points qui distingue le projet des autres ressources disponibles, selon Mme Boivin. «Les gens vont être totalement autonomes. Ils pourront avoir l’aide qu’ils souhaitent, par les personnes qu’ils souhaitent, et quand ils le souhaitent», a-t-elle révélé.

L’objectif est plutôt d’offrir un toit et de faire connaître les ressources disponibles pour que les résidents puissent changer leurs habitudes de vie à leur rythme.

À l’intérieur, une cuisine permettra aux locataires de manger ensemble et de socialiser. Chacun des trois étages dispose aussi d’une salle de bain et d’une douche communes. Les murs et les meubles ont pour leur part été construits avec des matériaux plus résistants, vu l’imprévisibilité des futurs locataires.

«On fait juste les mettre dans un logement. Les problématiques ne s’effaceront pas par magie. Ce qu’on veut, c’est qu’ils puissent avoir un endroit où ils sont en sécurité», a confié Mme Boivin à ce propos.

Un ballon d’essai 

Le projet a pu être développé grâce à une subvention de 3,3 millions $ de la Ville de Montréal. Le gouvernement fédéral a pour sa part ajouté 870 000 $ à l’enveloppe.

Il s’agit d’un premier projet à «haut seuil d'acceptabilité» pour la Ville, et ce dernier pourrait avoir des suites.

«On se rendait compte qu’il y avait différents projets qui ne cadraient pas dans les programmes d’établis. Les besoins sont énormes. En ce moment, partout, dans la société, on entend un appel à davantage de financement en habitation», a rappelé Benoit Dorais, responsable de l'habitation au sein du comité exécutif de la Ville de Montréal.

De son côté, Mme Boivin espère bien que Le 3629 sera le premier d’une série. «La société n’aura pas le choix. C’est un besoin qui répond à une fine tranche de la population, mais qui est beaucoup plus grand que juste 16 personnes», a-t-elle souligné.

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