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Programme de procréation assistée: les couples infertiles «en otage»

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

Des couples infertiles se sentent «pris en otage» dans le bras de fer qui oppose le gouvernement Legault et les cliniques de fertilité au sujet des coûts du nouveau programme de procréation assistée. 

C’est un véritable fossé qui sépare les deux parties, alors que les fertologues réclament près de deux fois le tarif accordé par Québec.

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Et un mois après l’entrée en vigueur de la gratuité du traitement de fécondation in vitro, les rendez-vous de nombreuses femmes sont toujours suspendus dans les cliniques Ovo et Fertilys en raison de ce litige financier avec Québec.

Ce qui devait permettre à plus de couples de voir leur rêve de fonder une famille se réaliser s’est transformé en cauchemar. Pour ces femmes, l’horloge biologique tourne.

«Un autre petit mois, pour moi, c’est une chance de moins chaque fois, se désole une patiente de la clinique Ovo, qui a demandé à conserver l’anonymat pour ne pas compromettre son projet d’avoir un enfant. Il n’y a plus du tout de service, c’est pire qu’avant la gratuité!»

Insatisfaits de la subvention

Mais l’ampleur du désaccord n’augure rien de bon pour les couples qui sont incapables de concevoir.

«Certains médecins ne sont pas satisfaits du montant de la subvention accordée par Québec pour la composante technique. [...] Nous avons tenu des rencontres avec eux et le montant qu’ils demandent est considérablement plus élevé», précise-t-on au cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant.

L’écart est en effet abyssal, si on se fie aux chiffres fournis par le gouvernement. Québec accorde une subvention de 3900 $ aux médecins qui pratiquent une fécondation in vitro, ce qui inclut la stimulation ovarienne, le prélèvement d’ovules et le transfert d’embryons congelés. Les fertologues demandent 7600 $.

Le ministère est actuellement en analyse. «Nous voulons éviter les dérives de l’ancien programme et respecter la capacité de payer pour maintenir le programme à long terme», insiste-t-on au bureau du ministre Carmant.

Ni Fertilys, ni la clinique Ovo ni l’Association des fertologues n’ont voulu commenter publiquement. Dans un message sur les réseaux sociaux, le président et fondateur de la clinique Fertilys, le Dr Pierre Miron, a dit souhaiter un règlement rapide du différend. 

«Nous souhaitons le succès du programme public, mais nous n’accepterons jamais de niveler vers le bas la qualité des soins que nous vous offrons. Vous êtes notre mission et notre raison d’être.»

Des mois d’attente

Notons que les centres de fertilité de l’hôpital Sainte-Justine, du Centre universitaire de santé McGill et du CHUL de Québec offrent actuellement des traitements de procréation assistée. Mais il y a plusieurs mois d’attente pour avoir un premier rendez-vous.

À ce jour, 641 demandes d’admissibilité au programme public de procréation assistée ont été approuvées.