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VIDÉO | Condamné à huit ans d’emprisonnement: «Je ne reviendrai pas au Canada», jure Paul Mukendi

Le révérend Paul Mukendi, dit «l’apôtre de Québec», restera à Kinshasa en République démocratique du Congo et ne reviendra pas au Canada où il a fait l’objet de «persécutions», a-t-il affirmé dimanche.

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Paul Mukendi, condamné par la justice canadienne à huit ans d’emprisonnement dans une affaire de viol, a expliqué avoir fui «l’injustice» comme le recommande la Bible. Il jure de ne jamais retourner au Canada où la mort l’attend.

«J’ai été persécuté. J’ai été là pendant quatre ans. Je n’avais pas fui la justice. J’ai affronté cette justice et quand tu te rends compte que ce n’est plus la justice, c’est devenu autre chose. Même la Bible dit "si on vous persécute dans une ville, fuyez dans une autre". Je ne fais qu’appliquer la parole de Dieu, pourquoi retourner là-bas? Quant à moi, je ne retournerai pas au Canada, a expliqué ce dernier en entrevue.

Pour moi, si je retourne là-bas aujourd’hui, c’est la mort qui m’attend», a poursuivi le révérend.

Alors que Paul Mukendi avait été condamné à huit ans de détention pour agression sexuelle en février 2020, un autre dossier similaire a été ouvert contre lui en mai dernier. Pour la première affaire, il a interjeté appel, mais la Cour a confirmé le jugement rendu au premier degré, contraignant le condamné à quitter clandestinement le Canada.

Le pasteur a indiqué avoir quitté le Canada sur recommandation «des gens du système».

«Si je suis sorti, ce sont les gens du système qui m’ont dit "jeune homme tu dois partir parce que si tu restes ici, tu te rends, tu ne sortiras jamais de là vivant". C’est comme ça que je suis parti», a-t-il expliqué.

Paul Mukendi

Capture d'écran

Paul Mukendi

Clamant son innocence, l’apôtre de Québec a sévèrement critiqué la justice canadienne qu’il accuse d’avoir concocté «un cocktail judiciaire» à son encontre.

«La justice canadienne, c’est du n’importe quoi. Je n’ai pas eu que les accusations concernant le viol, c’est tout un cocktail judiciaire qu’on m’a fait vivre. Mais j’ai affronté toutes ces choses comme un homme. Même le juge qui m’a condamné sait que je suis innocent, même la procureure sait que je suis innocent, même ceux qui m’accusent savent que je suis innocent. Je ne retournerai pas dans cette bêtise-là», a-t-il nargué, tout en vantant sa nationalité congolaise. «Je suis soutenu par les Congolais de père et de mère. Je suis dans mon pays».

Paul Mukendi espère tout de même saisir les instances, a-t-il dit, pour corriger la parodie de justice dont il se dit victime.

«Ce n’est pas parce que c’est le Canada que tout est bon. Ils savent qu’ils ont un dossier bidon. On a annoncé qu’on va saisir les instances pour faire valoir mes droits parce que ce qui s’est passé, c’est une parodie de justice».

Capture d'écran

Le pasteur a déclaré faillite le 22 mai 2018, alors que ses créanciers lui réclamaient plus de 800 000 $. Selon le jugement de la Cour supérieure, le syndic n’a pu donner que 2000 $ aux créanciers, grâce à la vente d’objets saisis dans sa résidence, dont plusieurs montres.

Bien que le fisc lui réclame de l’argent, l’apôtre du Centre évangélique Parole de vie nie devoir le moindre cent. «Ils ont fait toutes leurs enquêtes, je ne dois rien au fisc, zéro dollar. Je prêche tous les jours à l’église via internet».

Sa conférence reportée 

Par ailleurs, Paul Mukendi a annoncé de nouvelles dates pour sa conférence biblique «Ne vous conformez pas au présent», annulée jusqu’ici à deux reprises. La première fois, les responsables de la salle louée ont indiqué que l’activité pouvait avoir lieu si le pasteur ne prenait pas la parole.

L’évènement a ensuite été délocalisé au chapiteau de l’hôtel Pullman, mais les dirigeants de l’hôtel ont annulé l’activité à la dernière minute en évoquant des restrictions sanitaires qui ne permettaient pas de rassembler plus de 150 personnes. L’évènement est maintenant prévu les 28, 29 et 30 janvier prochain.