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Doit-on se faire vacciner d’une 3e dose après avoir eu la COVID-19?

À moins de développer d’importants symptômes, les Québécois qui ont eu la COVID-19 devraient aller chercher leur 3e dose de vaccin, estiment des experts, même si la santé publique recommande toujours le contraire.

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C’est qu’une personne asymptomatique ou avec des symptômes légers de la COVID-19 ne développe pas tout à fait la même protection qu’avec une dose de vaccin, affirme l’immunologiste André Veillette, d’où l’intérêt de la 3e dose.

«C’est plus simple et plus sécuritaire, surtout qu’on a beaucoup de vaccins, de ne pas compter l’infection comme une dose de vaccin, à moins qu’elle soit très sérieuse», explique-t-il.

Selon lui, il est plus «risqué» pour les gens qui déduisent qu’ils ont la COVID-19, puisqu’ils n’ont pas accès à un test, de ne pas aller chercher leur 3e dose de vaccin.

Plus assez de tests PCR

Débordé par la vague Omicron, Québec a annoncé mardi une révision complète de sa stratégie de dépistage. Ainsi, les tests PCR menés dans les cliniques de dépistages seront dorénavant réservés à certaines catégories de la population.

Or, Québec considère toujours qu’une 3e dose de vaccin n’est pas nécessaire à une personne qui a déjà eu la COVID-19, et ce, dans un contexte où tous n’ont pas accès à un test de dépistage et n’ont donc pas moyen de savoir s’ils ont véritablement eu la maladie.

Mercredi, le ministère de la Santé a indiqué qu’il analysait actuellement les options pour ces personnes.

Une dose pour rien?

De son côté, la professeure à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke et membre du Comité sur l'immunisation du Québec, la Dre Maryse Guay, se montre plus nuancée.

Se faire vacciner d’une troisième dose tout juste après avoir contracté la COVID-19 peut entraîner plus d’effets secondaires, souligne-t-elle.

C’est pourquoi elle recommande d’attendre au moins huit semaines et idéalement trois mois après avoir contracté la maladie avant de se rendre au centre de vaccination, si la personne le désire vraiment.

«Pour quelqu’un qui a eu la maladie, ce n’est pas le temps de courir pour le vaccin, ce serait comme d’avoir un vaccin dans le beurre. Donc selon moi, en toute humilité, c’est mieux d’attendre quelques semaines avant d’avoir sa 3e dose», souligne-t-elle.

Qui plus est, la recommandation de Québec pourrait être modifiée sous peu pour tenir compte du nouveau contexte où le nombre de tests est limité et le variant Omicron omniprésent, fait valoir la Dre Guay.

«Peut-être qu’avec Omicron là, on n’a pas assez de recul, il ne sera pas comme les autres, et on dira qu’il faut y aller avant huit semaines», donne-t-elle en exemple.

Toujours est-il qu’une personne qui développe des symptômes importants peut se considérer comme suffisamment protégée, ajoute la professeure.

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