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Les gestionnaires des résidences privées pour aînés affectés par la pandémie

Les gestionnaires des résidences privées pour aînés et des ressources intermédiaires déplorent une situation de plus en plus difficile pour eux, depuis le début de la pandémie.

L'une d'entre elles a témoigné, vendredi du désarroi et des craintes qui l'habitent depuis que le virus s'est invité pour la première fois dans ses installations en mai dernier.

«Oui je me suis remise en question, a-t-elle indiquée. Je me suis même surprise à me dire: je vais abandonner, je vais baisser les bras, je ferai faillite, je m'en fou. J'irai travailler de 8 h à 5 h comme tout le monde et je n'aurai plus de casse-tête en rentrant chez nous le soir», a confié Isabelle Tremblay.

Mais pour cette gestionnaire et propriétaire de trois ressources intermédiaires à Saguenay et d'une résidence privée pour aînés, ce n'est pas une option.

«Je ne veux pas les abandonner ces gens-là parce que si moi je ne suis pas là pour les loger, qui va prendre la place, a-t-elle questionnée. Personne n'a le goût de se lancer là-dedans dans le contexte actuel.»

Elle a fait parvenir une lettre à ses gestionnaires, à son association et aux autorités régionales de la santé dans laquelle elle exprime son désespoir.

«Ce que je vis est une horreur, un cauchemar qui ne se termine jamais», a-t-elle écrit.

«S'il n'y avait pas cette pandémie-là, je serais probablement encore aussi passionnée qu'avant, mais je sens que cette passion-là s'efface tranquillement et ça me fait peur de dire ça parce que je me demande si elle va revenir, a expliqué Mme Tremblay. J'adore le contact avec mes résidents et être à l'écoute de mes employés, mais actuellement, nous n'avons plus de temps à leur consacrer. Tout ce que l'on fait c'est de la gestion de crise.»

Une éclosion s'est déclarée pendant les Fêtes dans sa ressource située au centre-ville de l'arrondissement de Chicoutimi.

Elle déplore avoir dû faire appel à des agents de sécurité pour assurer le confinement de ses bénéficiaires qui avaient peu de symptômes et comprenaient mal pourquoi ils ne pouvaient pas sortir.

«Ça arrache le cœur de voir ça, a-t-elle affirmé. Ces gens-là il leur reste peut-être un ou deux Noëls à vivre et on les a privés des deux derniers. On va leur en enlever combien encore de même ?»

Isabelle Tremblay lance à son tour un cri du cœur aux non-vaccinés, même si elle craint de recevoir des messages haineux.

«Je suis tannée de voir que 90 % de la population applique ces mesures-là pour protéger les plus vulnérables, alors qu'au final, c'est surtout pour la minorité des non-vaccinés qu'on doit se priver d'avoir une qualité de vie, a-t-elle lancé. Si on veut continuer à avoir des ressources comme les miennes, il faut que ça change. Il faut que le 10 % de la population qui n'est pas vaccinée comprenne ce que l'on vit aujourd'hui, comprenne notre désespoir sinon je demande à ces gens-là de rester chez eux.»

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