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Une flambée des cas dure sur le moral des Québécois

Des psychologues ont sonné l’alarme après avoir remarqué que la détresse est de plus en plus profonde chez les Québécois lors de cette flambée des cas de COVID-19.

Si l’optimisme était de mise cet automne et que la sortie de crise pointait à l’horizon, le variant Omicron est venu tout changer. Et l’imposition de nouvelles mesures de confinement ainsi que l’accumulation de mauvaises nouvelles sont aussi venues dégrader l’état mental de la population.

Certains citoyens, qui tenaient bon jusqu’à maintenant, montrent des signes d’affaiblissements, selon la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Dre Christine Grou.

«Les gens qui étaient bien outillés pour faire face à l’adversité commencent à s’essouffler, ce qu’on ne voyait pas lors des quatre premières vagues», a-t-elle expliqué.

Et cette détresse se ressent dans les cabinets privés. À la clinique Les psy trucs de Shawinigan, la psychologue Sara-Maude Joubert a noté une hausse des appels dans les dernières semaines, l’état de plusieurs patients étant affecté plus que jamais.

«Ce qu’on voit c’est qu’il y a une perte d’espoir. Cette idée d’un retour à la vie comme avant commence à être ébranlée et c’est un facteur de maintien des difficultés actuelles chez la clientèle», a souligné la psychologue.

Un constat que partage Dre Christine Grou, qui a ajouté que l’ampleur des problèmes augmente à chaque vague.

«Il y a une fatigue parce que le temps de récupération entre les différentes vagues est court. On voit une accumulation de fatigue, d’anxiété, d’éléments dépressifs pour certains. On note aussi une accumulation des tensions dans les relations sociales», a-t-elle précisé.

Personne n’est épargné, selon le professeur titulaire au Département de psychologie de l’UQTR Carl Lacharité, qui a avancé que les familles et les enfants pourraient en ressentir les effets longtemps, alors qu’une brèche dans le développement des jeunes est en train de se créer.

«Avec l’arrêt des cours ou l’école à distance, ils n’ont pas ce qu’ils sont en droit de recevoir comme soutien à leur développement et apprentissage. Les parents n’arrivent pas à compenser pour tout non plus. On ne peut pas se cacher la tête dans le sable, il y aura des conséquences à long terme», a-t-il affirmé.

Si l’attention est tournée vers les hôpitaux qui débordent, les experts ont sonné l’alarme sur la santé mentale. Une situation dramatique, selon le professeur Lacharité «C’est un enjeu national! Il n’y a pas seulement les hôpitaux qui sont compris dans la santé publique. La santé mentale doit l’être aussi.»

La présidente de l’Ordre des psychologues va même plus loin et a soutenu qu’un changement important est nécessaire. «C’est une question de société. Il va falloir mettre autant d’énergie pour s’en occuper qu’on en met pour régler la situation sanitaire. Les deux vont ensemble.»

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