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Cette pandémie finit quand?

Après une cinquième vague dévastatrice, les experts ne s’entendent pas sur le moment où prendra fin la pandémie, qui pourrait aussi bien s’estomper au cours des prochains mois que dans quelques années.

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« Est-ce que le virus va s’atténuer ? Peut-être, indique Raymond Tellier, professeur agrégé et microbiologiste au centre hospitalier universitaire de McGill. C’est ce que plusieurs souches [de grippe] ont fait [par le passé]. Mais il n’y a pas de garantie. Certains deviennent au contraire plus virulents à force de circuler. » 

Il y a quelques semaines, le variant Omicron est venu chambouler la situation sanitaire, si bien qu’il est désormais difficile de prévoir la fin de la crise. 

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Benoit Barbeau sur QUB radio: 

Pas éradiquée  

Selon le microbiologiste, la maladie ne sera pas éradiquée du jour au lendemain comme le virus de la variole, vaincu grâce à la vaccination. 

Il serait plus probable que ses effets s’atténuent au fil des mutations pour devenir éventuellement une composante de la grippe saisonnière.

Mais on ne peut pas juste compter là-dessus, s’empresse-t-il d’ajouter. 

« La seule façon pour sortir de cette pandémie, c’est vraiment la vaccination, martèle-t-il. Chez les gens qui sont infectés, l’immunité naturelle n’est pas aussi intense et ne dure pas aussi longtemps que celle acquise par le vaccin. »

Ainsi, il faudra vacciner le plus de gens à travers le monde. Un avis partagé par Denis Goulet, spécialiste en histoire de la médecine et des maladies.  

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Paul St-Pierre Plamondon sur QUB radio: 

Mieux d’ici un an  

Ce dernier est plus optimiste, estimant qu’on devrait reprendre un rythme de vie beaucoup plus normal d’ici un an, même si les prochains mois ne seront pas de tout repos.

Devant un centre de test communautaire temporaire à Hong Kong.

Photo AFP

Devant un centre de test communautaire temporaire à Hong Kong.

« Ça durera peut-être encore un an dans des scénarios très pessimistes. Je parle là de transmissions majeures [...] avec des contrariétés au niveau des rapprochements humains. Ça peut baisser très rapidement », souligne-t-il.

Car avec la transmission rapide du variant Omicron, la population pourrait être en mesure d’atteindre un taux suffisamment élevé d’immunité collective pour endiguer suffisamment la propagation. 

Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Gabriel Nadeau-Dubois sur QUB radio: 

« La pandémie va se terminer d’une façon ou d’un autre, mais il y aura d’autres virus émergents auxquels nous aurons à faire face [...] Il y a des virus bien plus dangereux que la COVID-19 qui sont sur le seuil de sauter dans l’espèce humaine, soutient le Dr Tellier. 

On estime qu’une pandémie est terminée lorsque ce n’est plus possible pour le microbe de se transmettre à grande échelle.

Comment se sont terminées d’autres pandémies  

Grippe espagnole

Apparue en 1918 

70 à 100 millions de morts dans le monde    

13 500 au Québec    

Au fil du temps, beaucoup de survivants ont acquis une certaine immunité et le virus s’est atténué dans ses mutations, jusqu’à devenir un virus causant la grippe saisonnière.     

La grippe asiatique de 1957 (H2N2) et la grippe de Hong Kong de 1968 (H3N2) ont tour à tour remplacé la souche initiale, causant plusieurs millions de décès.      

La H3N2 est encore aujourd’hui une composante de la grippe saisonnière. 

Coronavirus (SRAS)  

Apparu en 2002 

774 morts dans le monde    

44 au Canada    

Le SRAS est un coronavirus associé à un taux de mortalité de 10 %.  

La majeure différence, c’est qu’il n’était pas contagieux durant la période d’incubation, ce qui a grandement facilité la quarantaine.     

Des quarantaines plus sévères et localisées, ciblant principalement les hôpitaux, ont permis d’en venir à bout.         

Influenza (H1N1)

Apparue en 2009 

18 000 morts dans le monde    

428 au Canada    

Des antibiotiques ont permis de limiter grandement les dommages de la H1N1 à travers le monde.     

L’influenza est un virus qui ouvre la porte à d’autres microbes, si bien que la grande partie des décès étaient liés à une pneumonie bactérienne, et non virale, comme la COVID-19.     

Les vaccins développés rapidement et les antibiotiques ont permis d’en venir vite à bout.       

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