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La dépression affecte différemment les sexes, selon une étude de l'Université Laval

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palidachan - stock.adobe.com

Des scientifiques de l’Université Laval ont découvert comment la dépression majeure affecte différemment les femmes et les hommes ainsi qu’un marqueur sanguin qui pourrait aider à mieux diagnostiquer la maladie et la soigner.

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«Il existe d’importantes différences entre les hommes et les femmes dans la dépression, a indiqué la responsable de l’étude, Caroline Ménard, professeure à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheuse au Centre de recherche CERVO. Chez la femme, cette maladie est deux fois plus fréquente, les symptômes sont différents et la réponse aux antidépresseurs n’est pas la même que chez l’homme. Nos travaux visaient à cerner les causes de ces différences.»

Ainsi, l’étude, publiée lundi dans la revue Nature Communications, a analysé des cerveaux de personnes atteintes de dépression au moment de leur décès ont en effet révélé la présence d’altérations situées dans des régions cérébrales différentes en fonction du sexe. L’équipe de Mme Ménard a également réussi à identifier un biomarqueur potentiel de la dépression chez les femmes.

Étude sur les souris 

Dans une étude antérieure, l’équipe de Caroline Ménard avait montré qu’un stress social prolongé réduisait chez des souris mâles l’étanchéité de la barrière hématoencéphalique qui sépare le cerveau et la circulation sanguine périphérique. Ces changements, attribuables à la perte de la protéine claudine-5, se manifestaient dans une région du cerveau impliquée dans le contrôle des émotions et dans la récompense. Les chercheurs avaient fait les mêmes constats en examinant des cerveaux d’hommes atteints de dépression au moment de leur décès.

En répétant cette expérience chez des souris femelles, la professeure Ménard et ses collaborateurs ont observé que les altérations de la barrière du cerveau causées par la perte de la protéine claudine-5 étaient localisées dans le cortex préfrontal. Ils sont arrivés au même constat en examinant le cerveau de femmes atteintes de dépression au moment de leur décès.

Chez les hommes, toutefois, cette barrière du cortex préfrontal n’était pas touchée. «Le cortex préfrontal est impliqué dans la régulation de l’humeur, mais aussi dans l’anxiété et la perception de soi», a souligné Mme Ménard.

Cette région n’est pas altérée chez les souris mâles soumises à un stress chronique ni chez les hommes atteints de dépression. Ces résultats suggèrent que le stress chronique altère la barrière du cerveau différemment selon le sexe.

Nouveau marqueur sanguin 

En poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert un marqueur sanguin lié à la santé de la barrière du cerveau. Ce marqueur, la sélectine E soluble, est une molécule inflammatoire dont le niveau est plus élevé dans le sang de souris femelles stressées. Elle est aussi présente dans des échantillons de sang de femmes atteintes de dépression, mais pas dans celui des hommes.

«Encore aujourd’hui, le diagnostic de la dépression se fait par le biais de questionnaires», a constaté Caroline Ménard.

Son groupe est le premier à montrer l’importance de la santé neurovasculaire dans la dépression et à proposer la sélectine E soluble comme biomarqueur de cette maladie. Il pourrait servir au dépistage et au diagnostic de la dépression. «On pourrait aussi y recourir pour mesurer l’efficacité des traitements existants ou de traitements en développement. Avant d’en arriver là, il faudra toutefois mener des études cliniques sur de larges cohortes pour en confirmer la fiabilité», a-t-elle poursuivi.

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