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Délestage: devra-t-on bientôt choisir qui sauver?

Le délestage qui risque de dépasser son seuil maximal dans plusieurs régions du Québec, devient de plus en plus préoccupant pour les équipes de soins qui pourraient devoir choisir qui soigner lorsque le réseau sera complètement saturé. 

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Si actuellement, le délestage en est au palier 4 en Estrie, en Mauricie, à Laval, dans Lanaudière et en Montérégie, la situation pourrait s’aggraver compte tenu de la montée fulgurante des nouvelles infections. La région de Montréal devrait aussi atteindre le palier 4 bientôt. 

À la Cité-de-la-Santé à Laval, où l’on retrouve 11 blocs opératoires, seulement quatre étaient fonctionnels lundi.  

«Les seules opérations qui se font sont les cancers, et des cas dont l’urgence est extrême. À la Cité-de-la-Santé, il y a des cancers que l’on doit discuter avec l’équipe de priorisation chirurgicale, parce que certains de ces cancers doivent être reportés. À un niveau quatre de délestage, on arrive à peine à répondre à notre mission en chirurgie oncologique», explique le Dr Serge Legault, vice-président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec, en entrevue à LCN. 

Et malgré la gravité de la situation lors de la première vague, la situation est encore plus difficile parce qu’il n’a pas été possible de libérer des lits cette fois-ci.  

«Ce qui se passe dans les hôpitaux du Québec, c’est catastrophique. Je ne veux pas tirer la sonnette d’alarme, mais présentement, on vit une situation qui n’a aucune commune mesure avec la première vague», soutient Dr Legault.

«Ces lits sont congestionnés par la présence de patients dont la période de soins est terminée, mais qu’on ne peut pas transférer dans d’autres endroits. Ce sont des patients NSA pour Niveau de soins alternatif», décrit-il. 

Écoutez l'entrevue de Mario Dumont avec Eva Villalba, de la Coalition priorité cancer: 

Choisir qui sauver   

Le goulot d’étranglement est si important que les équipes de soins pourraient devoir appliquer le Protocole national de priorisation pour l’accès aux soins intensifs adultes en contexte extrême de pandémie.

Ce protocole permet aux médecins de prioriser les soins en fonctions des patients qui présentent la meilleure chance de survie, qui auraient plus d’expériences de vie significatives devant eux, seront priorisés.

Publié le 10 novembre 2020, il a été mis à jour à plusieurs reprises depuis. 

«On est encore loin, mais on s’en approche dangereusement. Ces protocoles-là, tant aux soins intensifs qu’en salle d’opération ont été mis sur pied il y a deux ans et révisés à plusieurs reprises. Ils sont plus d’actualité qu’ils ne l’ont jamais été. D’avoir à le mettre en place, effectivement, j’ai peine à envisager les répercussions sur les patients, mais aussi sur les équipes de soins qui devront aller porter la mauvaise nouvelle au patient qui n’aura pas son respirateur. Imaginez la blessure morale pour le soignant, le patient. C’est quelque chose qu’on doit envisager, mais qu’on espère ne jamais jamais avoir à mettre en place», laisse tomber Dr Legault. 

Il réitère donc l’appel à la population de se protéger et faire «tout ce qu’il faut», pour faire baisser la pression sur les hôpitaux. 

Avec plus de 150 000 chirurgies en attente, et un retard qui persiste, le Dr Legault insiste : «On vit une situation extrême, mais les prochains mois et années vont aussi demander beaucoup d’efforts».

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus. ***

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