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Le Dr Horacio Arruda démissionne

Le directeur national de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, a remis sa démission lundi soir.

Dans une lettre adressée au premier ministre, le Dr Arruda explique qu’il préférait remettre sa démission, puisque ses avis controversés sur la gestion de la pandémie commençaient, selon lui, à nuire à la crédibilité du gouvernement.

«Les propos récents tenus sur la crédibilité de nos avis et sur notre rigueur scientifique causent sans doute une certaine érosion de l’adhésion de la population. Dans un tel contexte, j’estime approprié de vous offrir la possibilité de me remplacer avant l’échéance du terme de mon mandat, du moins à titre de DNSP», a écrit le médecin.

«Ne voyez pas en ce geste un abandon de ma part, mais plutôt l’offre d’une opportunité pour vous de réévaluer la situation, après plusieurs vagues et dans un contexte en constante évolution», a poursuivi celui qui était à la tête de la Santé publique du Québec depuis 12 ans.

Le Dr Arruda sera remplacé par le président-directeur général de l’Institut national en santé et services sociaux, Dr Luc Boileau, qui assurera l’intérim à la tête de la Santé publique, a pu confirmer TVA Nouvelles.

Volte-face     

Le premier ministre a accepté la démission du Dr Arruda. Pourtant, lors de sa conférence de presse du 30 décembre dernier où il avait annoncé l’instauration du couvre-feu, François Legault avait fermement défendu son directeur de la santé publique.

Interrogé lors du point de presse à savoir s’il comptait remplacer le Dr Arruda, le premier ministre avait répondu « non » fermement, sans détour, avant d’assurer qu’à son avis, il était toujours le mieux placé pour diriger la santé publique au Québec.

Cette annonce survient en pleine crise de la vague du variant Omicron, qui a amené le Québec à dépasser la barre des 2500 hospitalisations liées à la COVID-19 lundi.

Figure emblématique de la gestion de la pandémie qui avait suscité l’engouement des Québécois aux premiers mois de la crise en 2020, la gestion de la pandémie par le Dr Arruda était de plus en plus critiquée et les appels à son remplacement se faisaient de plus en plus nombreux, notamment en raison de ses multiples volte-face.

En effet, le gouvernement et son directeur national de la santé publique avaient dû reculer à plusieurs reprises, notamment sur le port du masque, présenté comme inutile en début de pandémie. Plus récemment, l’annonce du retour au travail du personnel de la santé infecté, mais asymptomatique, avait pris tout le monde par surprise.

«Il importe de considérer chacune de ces recommandations dans le contexte des connaissances du moment et de l’époque», a plaidé le Dr Arruda dans sa lettre en assurant avoir fait «les meilleures [recommandations] possibles» avec les connaissances qu’il avait.

Un bouc émissaire au yeux des oppositions    

Plusieurs politiciens ont réagi à l’annonce, à la fois pour saluer le travail du directeur national de la santé publique, mais aussi pour rappeler que le premier ministre François Legault est celui qui prend les décisions.

«Le départ du Dr. Arruda ne réglera rien. Les décisions sont prises par le PM et doivent être fondées sur la science et non les sondages et son intuition», a notamment tonné la chef de l’Opposition officielle, Dominique Anglade.

«Le Dr. Arruda a longtemps servi les québécois.es. Les deux dernières années de pandémie ont été charnières. Elles l'auront forcé à mettre de côté sa vie ainsi que sa famille pour nous tous.tes et pour cela, on l'en remercie», a ajouté la cheffe libérale.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, juge pour sa part que la démission du Dr Arruda ne changera pas grand-chose.

«Dr. Arruda s’est sacrifié pour les mauvaises décisions du gouvernement, mais le problème structurel demeure: il y a dans la cellule de crise un seul scientifique, pour 15 spécialistes de la politique et des comms au service des décisions politiques de F. Legault», a-t-il rapidement commenté sur Twitter.

Le leader parlementaire de Québec solidaire a abondé dans le même sens. «Merci au Dr Horacio Arruda pour ses longues années de dévouement envers notre appareil de santé publique, trop longtemps négligé et sous-financé. Tout au long de cette pandémie, il a servi le Québec avec sincérité. C’est le gouvernement de la CAQ qui a pris les décisions», a fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, estime de son côté que le départ du Dr Arruda «est plus source d’inquiétude que de confiance».

«Drame sans précédent, défi sans précédent, courage exemplaire, communicateur d’exception... Qui oserait prétendre qu’on aurait pu faire plus ou mieux?», a-t-il écrit sur Twitter.

Écoutez Yasmine Abdelfadel et Dominic Vallières sur QUB radio:  

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