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Pénurie de main-d’œuvre: les employeurs pourront embaucher plus de travailleurs étrangers

JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL

Pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre, les employeurs du Québec peuvent embaucher, à compter de lundi, jusqu’à 20 % de travailleurs étrangers temporaires pour des postes à faible salaire dans des secteurs précis.

Le 6 décembre dernier, les gouvernements du Québec et du Canada ont annoncé des assouplissements concernant les exigences d’emploi de travailleurs étrangers temporaires, dont le fait de relever la limite d’embauche de 10 % à 20 %.

Cette augmentation et ces mesures pilotes s’appliquent à des professions et secteurs choisis par le Québec et qui ont été sélectionnés à la suite de consultations avec des acteurs du marché du travail.

Au cours des prochains mois, les gouvernements du Canada et du Québec comptent allonger cette liste des professions.

Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) se réjouissent de l’entrée en vigueur de cette mesure, rappelant qu’il y a plus de 30 365 postes vacants dans le secteur manufacturier qui doit refuser des commandes, faute de main-d’œuvre.

«Ce sont plus de 18 milliards $ que le Québec a laissés sur la table dans les deux dernières années en raison de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur manufacturier», affirme Véronique Proulx, présidente-directrice générale de MEQ.

Du concret

François Vincent, vice-président Québec à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), applaudit également cette bonne nouvelle.

«Ce sont 64 % des PME du Québec qui vivent une situation de manque d’employés. Celles-ci sont frappées de plein fouet par ce problème et il était temps que des annonces concrètes voient le jour», a-t-il souligné.

Dans le secteur de la fabrication, le recours aux travailleurs étrangers temporaires est passé de 651 en 2015 à 4801 en 2020.

«Les employeurs québécois du secteur de l’agroalimentaire sont très durement touchés par la pénurie de main-d’œuvre. Résultat d’une étroite collaboration entre Ottawa et Québec, ce projet pilote permettra aux entreprises de recruter un plus grand nombre de travailleurs étrangers temporaires et de réduire la pression sur leurs opérations», a déclaré la ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, par voie de communiqué.

«Une main-d’œuvre solide est un élément essentiel de la reprise économique et de la croissance à long terme du Canada. C’est pourquoi notre gouvernement met à jour le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour aider à combler immédiatement les pénuries de main-d’œuvre au Québec», a pour sa part indiqué la ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et de l’Inclusion des personnes en situation de handicap, Carla Qualtrough.

Meilleur accueil

La pdg de MEQ souhaite qu’un accueil durable soit offert à ces travailleurs étrangers, avec davantage de cours de francisation, une bonne capacité d’hébergement et plus de formation pour favoriser leur intégration en entreprise.

D’ailleurs, Emploi et Développement social Canada (EDSC) compte «reconstruire le régime de conformité du Programme des travailleurs étrangers temporaires» pour mieux protéger ces derniers. Des outils d’inspection des travailleurs étrangers temporaires et de formation obligatoire seront notamment améliorés afin de renforcer la qualité et la rapidité des inspections.

Un service de guide expert auprès des consulats devrait aussi être créé pour aider l’EDSC à cerner les problèmes qui nécessitent une attention immédiate.

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