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Omicron: c’est déjà le bordel dans les écoles spécialisées du Québec

L’enseignante Caroline Fauvel-Petit n’a pas accès à des masques N95 même si elle travaille auprès d’élèves en déficience intellectuelle profonde à l’«école-hôpital» Victor-Doré, où 5 classes sur 25 seraient actuellement fermées en raison de la COVID-19.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

L’enseignante Caroline Fauvel-Petit n’a pas accès à des masques N95 même si elle travaille auprès d’élèves en déficience intellectuelle profonde à l’«école-hôpital» Victor-Doré, où 5 classes sur 25 seraient actuellement fermées en raison de la COVID-19.

Les classes spécialisées qui accueillent déjà des élèves ferment les unes après les autres en raison du raz-de-marée Omicron, ce qui augure mal pour la rentrée générale de lundi prochain.

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«C’est du jamais-vu», s’exclame Amélie Cayouette, enseignante à l’Étincelle, une école spécialisée de Montréal pour jeunes ayant un trouble de l’autisme.

Lundi, 14 classes y étaient fermées sur 26 en raison de la COVID-19, estimait-elle.

Contrairement aux écoles régulières, bon nombre d’écoles et de classes spécialisées de la métropole sont ouvertes en présentiel depuis la semaine dernière, l’enseignement virtuel étant difficile avec cette clientèle.

Après quelques jours seulement, la propagation du virus y est déjà fulgurante. Par exemple, il y aurait une dizaine de classes fermées à l’école Saint-Pierre-Apôtre.

Le lundi 17 janvier, ce sont tous les élèves qui sont censés entrer en classe.

Pas prêts

«On n’est pas prêts, on n’a pas de plan», s’inquiète Kathleen Legault, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire.

Elle déplore notamment l’absence de consignes claires concernant la gestion des cas en milieu scolaire et le manque de personnel, à moins d’une semaine du retour en classe.

«En santé, il y a des niveaux de délestage. En éducation, il n’y a rien. Qui on priorise s’il manque trop de personnel?»

Pendant ce temps, des élèves qui sont incapables de porter le masque ou de respecter la distanciation physique en raison d’une déficience intellectuelle se rendent chaque jour à leur école spécialisée. 

«En déficience intellectuelle profonde, il y a beaucoup de salive [...] J’ai des élèves qui ne parlent pas. S’ils développent un mal de gorge, ils ne me le diront pas», illustre Caroline Fauvel-Petit, qui enseigne à l’école Victor-Doré.

«Allô l’incohérence»

L’école Victor-Doré est pratiquement une «école-hôpital». Des infirmières, inhalothérapeutes et autres travailleurs de l’hôpital Sainte-Justine y viennent régulièrement pour donner des soins aux élèves, munis de l’équipement de protection porté en clinique ambulatoire.

Mais les profs de la même école, eux, n’ont toujours pas accès à des masques N95 parce que la Santé publique ne le recommande pas pour le corps enseignant.

«Allô l’incohérence», s’exclame Mme Fauvel, qui a l’impression que les classes spécialisées sont encore et toujours oubliées par le gouvernement.

Au moment de publier, le Centre de services scolaire de Montréal n’avait pas confirmé le nombre de classes fermées. De son côté, la Direction de la santé publique de Montréal a refusé de commenter.

– Avec Daphnée Dion-Viens

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