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Un meurtrier renonce à visiter sa famille

Un tueur de 74 ans qui a déjà passé la majeure partie de sa vie en prison a renoncé à une chance de plaider mercredi pour revoir sa famille, ce qui apaise le père de sa victime.

« C’est certain que ça nous soulage », souffle Marcel Bolduc, 72 ans, dont la fille Isabelle a été violemment tuée il y a 25 ans, à Sherbrooke, en Estrie.

L’un de ses assassins, Marcel Blanchette, devait se faire entendre hier par la Commission des libérations conditionnelles du Canada, lui qui espérait bénéficier de sorties pour visiter sa famille.

Or, le prisonnier s’est rétracté lundi dernier, jour du 48e anniversaire de sa victime.

« Il a sûrement compris qu’il n’avait aucune chance », croit M. Bolduc, qui devait lire une émouvante lettre aux commissaires, dont Le Journal a eu copie.

Il affirmait dans celle-ci qu’il lui était « difficile de croire que la famille de Blanchette, s’il en a vraiment une, souhaite le visiter ». De plus, il « [n’arrive] pas à imaginer le type de conversations qu’ils pourraient avoir ensemble ».

Car Blanchette est incarcéré depuis 1996. Cette année-là, le 30 juin, Isabelle Bolduc, 22 ans, est allée rejoindre des amis qui jouaient de la musique dans un bar.

Sur le retour, elle a été enlevée par Jean-Paul Bainbridge, qui avait 25 ans.

50 ans en prison 

Blanchette et son complice l’ont ensuite séquestrée et violée pendant des heures avant de la battre à mort avec un troisième complice, à l’aide d’une barre de fer.

Ils l’avaient alors emmenée dans un boisé du secteur Fleurimont.

« Ils l’ont assassinée, car ils ne voulaient pas se faire dénoncer », affirme son père, toujours anéanti par la perte de sa fille.

Devant la Commission, M. Bolduc avait aussi l’intention de revenir sur le lourd dossier criminel de Blanchette.

« Son passé parle de lui-même. En 1996, il avait déjà accumulé 38 ans et demi de condamnations. À l’heure actuelle, il a 50 ans de prison de purgés », détaille-t-il.

Selon les calculs du père endeuillé, l’assassin en était déjà à sa septième libération conditionnelle au moment du meurtre.

Il se demande d’ailleurs encore comment il pouvait être en liberté ce jour-là.

Un risque 

M. Bolduc juge que le système correctionnel « a failli à sa tâche première de protéger le public ». Pour lui, Blanchette représente toujours un risque en société.

« Ce serait sa huitième chance... », poursuit-il, découragé par cette éventualité.

Pour sa part, Bainbridge s’est aussi fait refuser ses demandes de libération au cours des dernières années.


Comble de malheur pour la famille Bolduc, la sœur cadette d’Isabelle, Julie, a perdu la vie subitement lundi dernier, d’un anévrisme au cerveau à 44 ans.

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