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Repensons sans tarder la gestion de la pandémie

Photo courtoisie

Le système de santé québécois a été très fragilisé par des réformes libérales sans ménagement ni nuance partout au Québec (centralisation du pouvoir décisionnel, perte de la gestion locale, mobilité obligatoire sur des territoires immenses, bureaucratie qui asphyxie la rapidité d’action).  

Nos établissements nous ont habitués aux débordements en période estivale, lors du temps des Fêtes et souvent en janvier. Ajoutons maintenant la COVID-19, la grippe, la gastro, etc. Il y a aussi des employés infectés ou absents de leur travail pour de nombreuses raisons, dont certaines remontent à ces réformes libérales qui ont occasionné de l’absentéisme pour environ 20% des employés.  

Nous devons toute notre admiration aux employés pour leur dévouement, malgré les nombreuses incohérences organisationnelles avec lesquelles ils doivent composer quotidiennement depuis plusieurs années déjà. 

Cafouillages

Il y a eu les cafouillages dans la gestion des CHSLD et des proches aidants, le peu d'intérêt, au départ, de la Santé publique concernant le port du masque, l'utilisation des tests rapides, la ventilation des écoles et des bâtiments publics, et les masques N-95. On assiste maintenant à des difficultés pour l’administration de la troisième dose du vaccin, le dépistage PCR, l'accès aux tests rapides et globalement la gestion même de la pandémie. 

La CAQ blâme régulièrement les libéraux qui ont été au pouvoir de 2003 à 2018 (avec un léger intermède péquiste) pour ce piètre bilan. Néanmoins, la stratégie bureaucratique du gouvernement s'appuie sur les mêmes mandarins et sur les conseils du Dr Barrette sollicités par la CAQ pour nous sortir de la pandémie. Depuis son élection, la CAQ a même procédé à la nomination, au poste de sous-ministre adjoint du MSSS, des trois anciens directeurs des cabinets libéraux de la santé qui ont participé au démantèlement du réseau de la santé.  

Après sa volte-face en 2020 sur les rassemblements du temps des Fêtes, le premier ministre récidive en 2021, alors qu'Omicron était déjà bien présent en Europe. On se retrouve maintenant avec un couvre-feu difficilement justifiable malgré le contexte actuel. Cette mesure d'exception reposait essentiellement sur le fait que les gens n’étaient pas vaccinés. La population du Québec étant maintenant très massivement vaccinée, cette mesure apparaît résulter davantage d’un abus de pouvoir guidé par les sondages et le calcul politique. L'acceptabilité sociale du couvre-feu semble compromise, car on comprend mieux ses effets pervers et ses dommages collatéraux. La pandémie nécessite la prise en compte de nombreux aspects comme la protection des personnes vulnérables, la prévention des féminicides ou autres violences provoquées par l’isolement, la santé mentale, notamment des plus jeunes, sans oublier l'activité économique. 

Contradictions 

La gestion de la pandémie du gouvernement doit être revue sans tarder. Les nombreuses contradictions du gouvernement pourraient nuire à l'application des consignes de protection sanitaire. Il faut absolument libérer la Direction de la santé publique des pressions du politique afin de savoir qui dit quoi et permettre une imputabilité des acteurs. 

Le temps des décrets est terminé: les contrats de gré à gré, l’imposition des conditions de travail, etc., grugent la patience des Québécois et le temps est venu de redonner le droit de parole aux citoyens du Québec par la levée de l'urgence sanitaire afin d'assurer le plein fonctionnement démocratique de nos institutions. Le temps est aussi venu de revoir la gestion de la pandémie en faisant appel à divers spécialistes de la santé, mais également des milieux socio-économiques, de l'éducation, du tourisme, de la culture, des régions, etc.  

Ces spécialistes doivent être plus indépendants du gouvernement. La population a un droit de parole dans les choix faits pour la protéger et lui permettre un fonctionnement social optimal et équitable, le tout basé sur la science et les réalités observées ailleurs dans le monde. 

Le combat doit se poursuivre et il faut absolument tout mettre en œuvre pour que la population participe volontairement à cet effort qui nous mènera à la sortie de crise. 

Sylvain Roy, député de Bonaventure

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