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Un vétéran antivax meurt de la COVID-19

Alain Poulin, un vétéran décédé cette semaine après avoir contracté la COVID-19 et refusé les vaccins.

Photo Veterans FAC/CAF Canada

Alain Poulin, un vétéran décédé cette semaine après avoir contracté la COVID-19 et refusé les vaccins.

Un vétéran des Forces armées, qui avait toujours le coeur sur la main lorsque venait le temps d'aider des anciens combattants, est mort de la COVID-19... lui qui militait pourtant contre la vaccination et les mesures sanitaires au Québec.

Alain Poulin, un résident du village de Sainte-Madeleine situé à 48 km de Montréal, a eu ses premiers symptômes de la maladie durant son souper de Noël. 

«C’était le 24 décembre dernier. Il a dit à ses enfants, qui sont venus le visiter, qu’ils allaient devoir quitter parce qu’il ne se sentait pas bien. C’est là que son état a commencé à se dégrader», explique avec difficulté son fidèle ami des 37 dernières années, Jean Laurion. 

Jean Laurion et son bon ami Alain Poulin durant leurs activités avec l’organisme qu’ils ont créé pour aider les vétérans.

Photo Veterans FAC/CAF Canada

Jean Laurion et son bon ami Alain Poulin durant leurs activités avec l’organisme qu’ils ont créé pour aider les vétérans.

Lui et Alain Poulin se sont rencontrés à 17 ans. À l’époque, les deux jeunes hommes étaient militaires pour les Forces armées canadiennes. 

«Sa femme l’a ensuite hospitalisé le 29 décembre dernier parce que son état s’est dégradé et ça n’allait plus du tout. Ils ont appelé l’ambulance», mentionne-t-il au Journal

Pas vacciné  

Alain Poulin était pourtant encore en pleine forme le 17 décembre dernier dans une vidéo publiée sur la page Facebook de son organisme venant en aide aux vétérans. Ce dernier, fondé en 2019 avec M. Laurion, a été baptisé le «Veterans FAC/CAF Canada». 

Veterans FAC/CAF
Cette vidéo filmée à l’organisme de Veterans FAC/CAF Canada a été tournée sept jours avant qu’Alain Poulin développe ses premiers symptômes de la COVID-19.

«On voulait aider les anciens combattants ensemble pour fournir de l’aide psychologique et leur donner un coup de main pour obtenir les subventions du gouvernement. Alain avait vraiment le cœur sur la main. [...] Je n’étais pas d’accord avec lui sur la vaccination, mais je respectais son choix», insiste Jean Laurion.

Jean Laurion

Photo Veterans FAC/CAF Canada

Jean Laurion

Après avoir été mis dans un coma artificiel le 1er janvier, Alain Poulin est mort en début de semaine.

«J’ai essayé de le convaincre de se faire vacciner, mais il ne voulait pas. Sa femme a eu la COVID durant la première vague et elle a survécu. Il pensait avoir une immunité naturelle lui aussi, mais avec Omicron en ce moment, ç’a été fatal pour lui», déplore-t-il. 

M. Laurion espère surtout que l’histoire de son fidèle ami pourra convaincre des complotistes ou des antivaccins à se faire vacciner. «C’est vrai la COVID, ce n’est pas un mensonge. Mon chum l’a eu et j’ai maintenant perdu un frère.»

Son fils contaminé 

Yandel artiste / YouTube
Une manifestation contre la vaccination et les mesures sanitaires tournées le 5 décembre dernier. On y voit Alain Poulin participer au rassemblement (à droite de la vidéo). Le controversé « policier du peuple », Maxime Ouimet, était aussi sur place.

Alain Poulin a multiplié les apparitions durant des manifs contre les mesures sanitaires depuis le début de la pandémie. Le 5 décembre dernier, il était aussi à Montréal durant un rassemblement avec des figures de proue du mouvement complotiste. Parmi eux, notons le controversé « policier du peuple », Maxime Ouimet. 

«Je ne manifestais pas avec lui pour cette cause. Non, Alain n’était pas vacciné, mais la vaccination est un choix personnel. Je préfère ne pas m’étaler sur ça. [...] Il est mort dans la nuit de dimanche à lundi de la COVID. On a décidé de le débrancher, il n’avait plus rien à faire», confirme brièvement sa femme, Julie Tétreault. 

Alain Poulin

Photo tirée de Facebook, Alain Poulin

Alain Poulin

Cette dernière indique au Journal que son fils de 34 ans a aussi été hospitalisé après avoir contracté la maladie à son tour. «Il va mieux et il n’est plus en danger. J’ai beaucoup de soutien de la communauté de vétérans et je suis bien entourée au moins. C’est l’important», conclut-elle.