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Triste record de patients hospitalisés aux soins intensifs

Le nombre d’hospitalisations a pratiquement triplé en seulement deux semaines, et frôle désormais les 3000 cas au Québec, preuve que la pandémie frappe extrêmement fort ce mois-ci. 

Hier, 2994 patients atteints de la COVID-19 étaient hospitalisés au Québec. C’est presque trois fois plus qu’à la fin décembre, alors qu’ils occupaient 1063 lits, selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). 

Aux soins intensifs, 272 patients occupaient un lit à cause de la COVID-19, hier. Il s’agit du record depuis le début de la pandémie. 

Par ailleurs, il y a deux fois plus de gens hospitalisés avec la COVID-19 qu’il y a un an exactement, alors qu’ils étaient 1525. 

Un dur mois  

« Janvier est difficile. La combinaison d’Omicron, avec une couverture vaccinale sous-optimale fait qu’on se retrouve avec un nombre de cas extrêmement élevé », avoue le Dr Karl Weiss, microbiologiste-infectiologue à l’hôpital général juif de Montréal.

Selon l’INSPQ, les données d’hospitalisations des prochains jours « permettront de mieux comprendre la trajectoire de l’épidémie », mais le pic pourrait être en voie d’être atteint. 

« On s’apprête à aller au pic, et le pic est très haut, a noté le premier ministre François Legault, hier. C’est possible dans les prochains jours que le nombre d’hospitalisations augmente. » 

Présentement, 14 122 lits sur 16 100 sont occupés au Québec, selon le ministère de la Santé. À noter que l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux n’émet plus de prédictions sur les hospitalisations, puisque le nombre de cas positifs n’est pas fiable. 

Or, l’accès aux hôpitaux est actuellement « le problème de santé publique numéro un », selon le directeur national de santé publique, le Dr Luc Boileau. 

Même si beaucoup de patients hospitalisés positifs à la COVID-19 ne sont pas très malades, le protocole d’isolement pour les traiter requiert plus de personnel. En plus, environ 15 000 employés du réseau sont absents en raison du coronavirus.

Écoutez Philippe-Vincent Foisy au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio:   

Des gens risquent de mourir  

Conséquence : des centaines de patients par semaine sont désespérés de voir leur chirurgie être repoussée, faute de lit disponible. 

« Le système est en train de tout délester, on ne peut pas continuer éternellement comme ça, croit le Dr Weiss. Il faut savoir calculer les risques parce qu’il y a des gens qui vont mourir de ne pas avoir eu une chirurgie ou leur traitement d’oncologie. » 

Plusieurs médecins réclament un assouplissement des règles pour les travailleurs infectés. 

« Ces règles-là pour le risque zéro, on ne peut plus gérer ça, croit le Dr Gilbert Boucher, président de l’association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec. Vaut mieux avoir un travailleur infecté que de laisser un malade sans traitement et sans surveillance. »

Sommets d’hospitalisations précédents  

13 JANVIER 2021  

  • 1525 hospitalisations      
  • 230 soins intensifs             

12 MAI 2020  

  • 1866 hospitalisations      
  • 194 aux soins intensifs             

Source INSPQ

Pas encore de triage aux soins intensifs  

Bien que le réseau de la santé soit proche d’un « point de non-retour », l’application du protocole de priorisation aux soins intensifs n’est pas envisagée pour le moment.

« Dans cette vague-ci, ça monte beaucoup moins vite les soins intensifs que les autres vagues, où j’étais plus inquiète », réagit Marie-Ève Bouthillier, qui a dirigé les travaux du protocole pour le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). 

« Mais, sans être alarmiste, je ne me sens pas complètement la tête hors de l’eau. Le risque est là », dit-elle prudemment. 

Mis à jour récemment, le protocole de priorisation serait enclenché dans l’optique où les lits de soins intensifs atteindraient une surcapacité de plus de 200 % . 

Il servirait de guide aux soignants pour choisir qui aurait droit au traitement. 

Plusieurs paliers sont prévus selon les scénarios, mais les gens qui ont 80 % de chances de mourir ne seraient pas priorisés. À noter que ce protocole n’a jamais été enclenché au Québec. 

Les soins appropriés  

« Ceux qui ne recevront pas de soins intensifs ne seront pas abandonnés ; ils continueront à recevoir d’autres soins, les plus appropriés à leur état, et possibles dans le contexte », écrit le ministère de la Santé et des Services sociaux par courriel. 

« On est sous tension, ça demande beaucoup d’organisation, mais on n’est pas au niveau de la première vague », analyse le Dr François Marquis, intensiviste à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. 

Point de non-retour?  

Mardi dernier, le ministre de la Santé Christian Dubé avait indiqué que le réseau s’approche d’un « point de non-retour ». À ce sujet, Le Journal n’a pas réussi à avoir plus de détails sur ce que signifie cette étape de « non-retour » auprès du cabinet du ministre. 

Tous les médecins interrogés n’avaient pas non plus idée des indicateurs qui qualifient ce point de rupture.  

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