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Dure semaine pour le gouvernement Legault aux yeux des experts

Le premier ministre du Québec François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse en lien avec la cinquième vague de la COVID, jeudi, à Montréal.

Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le premier ministre du Québec François Legault et le ministre de la Santé Christian Dubé en conférence de presse en lien avec la cinquième vague de la COVID, jeudi, à Montréal.

Démission du Dr Arruda, mauvais sondages, annonces-surprises pour serrer la vis aux non-vaccinés : le gouvernement Legault a connu une dure semaine. Des experts estiment qu’il est temps de recadrer le message. 

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« On a l’impression que le gouvernement est en mode rattrapage », affirme le directeur du Département de science politique à l’Université Laval, Thierry Giasson. 

Sa collègue de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Mireille Lalancette, estime que l’équipe de François Legault vient de vivre « ses pires semaines » en termes de communication depuis le début de la pandémie. 

Les déboires du gouvernement ont commencé à la fin novembre, lorsque le premier ministre a dit souhaiter des réunions de 20 à 25 personnes à Noël, croit Thierry Giasson. La volte-face complète qui a suivi pour imposer la bulle familiale a créé une tempête parfaite pour alimenter le mécontentement. 

« Dans les Zoom à Noël et au jour de l’An, les gens parlaient du fait qu’ils ne pouvaient pas se voir. Il y a eu probablement beaucoup d’échanges, de délibérations sur les décisions récentes du gouvernement qui ont un peu foutu en l’air la période des Fêtes », observe-t-il.

Puis sont venus le couvre-feu, désapprouvé par 52 % de la population selon un sondage Mainstreet, et les mesures changeantes sur l’isolement des enfants en garderies, les tests rapides...

« C’est un peu la catastrophe », lance le politologue. 

D’ailleurs, des voix discordantes commencent à se faire entendre, note Marc-André Bodet, également professeur en science politique à l’Université Laval, alors qu’elles étaient plus rares depuis le début de la crise. 

Revoir le message

Pour Mireille Lalancette, le départ du Dr Arruda est l’occasion de revoir la gestion de la pandémie. « Ils communiquent trop et trop longtemps », affirme la professeure en communication sociale. 

« Le défi de la communication de crise, c’est la constance et la cohérence », dit-elle. Oui, la science évolue rapidement, mais la professeure conseille la prudence avant de faire des promesses ou d’imposer de nouvelles mesures.  

« Demandez aux gens de vous nommer trois règles sanitaires qui sont en vigueur en ce moment, je pense que les gens ne seront pas capables de vous répondre », renchérit Thierry Giasson.

Les trois professeurs reconnaissent toutefois que Québec fait face à un défi de taille : rarement a-t-on vu une crise s’étirer sur deux ans, notent-ils. 

Quelques conseils des experts au gouvernement Legault     

- Mettre en place des mesures simples et constantes  

- Communiquer moins et mieux  

- Éviter de chercher à faire plaisir à tout prix  

- Attention aux promesses difficiles à tenir  

- Ne pas chercher à convaincre les derniers récalcitrants 

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