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Novak Djokovic, un habitué des polémiques

Au coeur d'un imbroglio judiciaro-politique depuis qu'il a voulu entrer en Australie sans être vacciné contre la COVID-19, Novak Djokovic, considéré comme l'un des meilleurs joueurs de tennis de l'histoire, voit son image brouillée par une énième polémique.

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Retour sur les cinq affaires qui ont émaillé la carrière du Serbe, menacé d'expulsion dimanche après l'annulation pour la deuxième fois de son visa :

Stupeur à l'US Open

Début septembre 2020, alors qu'un boulevard semble se dégager devant lui à l'US Open, Djokovic est disqualifié lors de son huitième de finale face à l'Espagnol Pablo Carreno pour avoir envoyé accidentellement une balle sur une juge de ligne, la touchant à la gorge.

Son geste de frustration après avoir concédé un jeu de service lui coûte cher.

«Je suis vraiment triste et vidé après cette histoire», explique-t-il alors. «Je me suis assuré de l'état de santé de la juge de ligne, et (les organisateurs du) tournoi m'(ont) dit que, Dieu merci, elle se sentait bien. Je suis terriblement désolé de lui avoir causé un tel stress. Tellement involontaire. Tellement mal.»

Un «COVID tour» dans les Balkans

En juin de la même année, en pleine pandémie et alors que le circuit du tennis professionnel est à l'arrêt, Djokovic organise l'Adria Tour, une série de tournois exhibitions dans les Balkans.

Mais cette «fête du tennis» est brutalement interrompue à Zadar, en Croatie, quand le Bulgare Grigor Dimitrov est testé positif au coronavirus.

Djokovic, son épouse Jelena ainsi que ses compatriotes Viktor Troicki et Borna Coric révéleront plus tard qu'ils ont eux aussi été contaminés par le virus.

Les joueurs sont en outre vivement critiqués pour s'être rendus dans une boîte de nuit, dansant et s'embrassant au mépris des gestes barrières.

Nom d'oiseaux

À son arrivée à Melbourne il y a un an pour l'édition 2021 de l'Open d'Australie, Djokovic soulève une tempête de protestations quand certaines sources révèlent qu'il a remis une liste d'exigences incluant la mise à disposition pour les joueurs de logements privés dotés de courts de tennis.

«Djokovic est un crétin» («Djokovic is a tool»), réagit sur Twitter le fantasque joueur australien Nick Kyrgios.

Simulation ?

Djokovic a longtemps été soupçonné d'exagérer la gravité de ses blessures durant les matches.

Lors de l'US Open 2008, il demande deux interruptions médicales lors de sa victoire en cinq sets face à Tommy Robredo.

Face à la presse, Andy Roddick, qui s'apprête à l'affronter en quart de finale, dresse avec une ironie mordante la longue liste des blessures du Serbe incluant «deux chevilles touchées, la grippe aviaire et le SRAS !»

Vainqueur de l'Américain, Djokovic lui répondra directement sur le court, lors de l'interview d'après-match : «il semble qu'Andy disait que je souffrais de seize blessures lors du match précédent (...) Il semble bien que non», dit-il.

Mais cette réputation poursuit Djokovic. Lors du tournoi de Roland-Garros en 2020, Pablo Carreno, battu par le Serbe en quart de finale, lâche : «chaque fois qu'un match se complique, il demande une aide médicale.»

Début 2021 à l'Open d'Australie, l'Américain Taylor Fritz, après avoir cédé face à lui en cinq manches au troisième tour, se montre lui aussi mordant. Alors que Djokovic explique avoir bataillé sur le court parce qu'il s'était fait une déchirure à l'abdomen, l'Américain répond : «s'il était vraiment, vraiment blessé, il n'aurait pas pu continuer à jouer.»

Djokovic poursuit son aventure dans le tournoi jusqu'à son terme, décrochant son neuvième titre à l'Open d'Australie.

«L'eau réagit à nos émotions»

Loin des courts, Djokovic suscite, outre ses propos anti-vaccin contre la COVID, une autre polémique en affirmant qu'il est possible de modifier la composition de l'eau ou de la nourriture en recourant à la pensée positive.

Dans une conversation en ligne avec Chervin Jafarieh, un «gourou du bien-être», le joueur serbe déclare : «j'ai vu des gens, et je connais certaines personnes capables, par des transformations énergétiques, par le pouvoir de la prière, de transformer la nourriture la plus toxique ou l'eau la plus polluée en eau la plus guérissante.»

Il ajoute que «des scientifiques ont démontré que les molécules présentes dans l'eau réagissent à nos émotions, à ce qui est dit».

Mary Carillo, ancienne joueuse de tennis devenue consultante à la télévision, exprime son malaise sur la chaîne américaine The Tennis Channel.

«Cela me dérange beaucoup que Djokovic ou d'autres disent que l'on peut changer de l'eau toxique en eau potable. Ce sont des propos dangereux», regrette-t-elle.

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