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Réseau de la santé: des profils LinkedIn pour trouver un gestionnaire

Au moment où le réseau de la santé est aux prises avec un important manque de main-d’œuvre, des infirmières aimeraient mettre l’épaule à la roue pour favoriser la rétention du personnel. Toutefois, proposer des mesures de rétention relève d’un marathon bureaucratique quasi sans fin.

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La présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers (AQII), Natalie Stake-Doucet, déplore qu’il soit souvent difficile pour les travailleurs de la santé de savoir qui sont les gestionnaires qu'ils doivent contacter pour certaines choses. 

Mme Stake-Doucet l’a elle-même vécue alors qu’elle travaillait dans un CHSLD durant la première vague de COVID-19 au printemps 2020.

«J’essayais de savoir qui je dois contacter si on a besoin de masques, si on a besoin de poubelles... On n’avait rien sur le terrain. J’essayais de chercher c’est qui le responsable, mais tout ce qu’on avait dans le CIUSSS c’était un accès à des profils LinkedIn. Il n’y avait aucun détail sur qui fait quoi», explique-t-elle.

Selon cette dernière, la confusion est notamment due à la réforme de l’ex-ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette, qui a fusionné beaucoup de postes.

«On est encore en train d’essayer de démêler qui fait quoi dans ces fusions de postes là», s’indigne-t-elle.

Structure bureaucratique «extrêmement lourde»

La structure bureaucratique, qu’elle qualifie d’«extrêmement lourde», n’aide pas non plus la cause.

«Dans une structure bureaucratique aussi lourde que ça, souvent ce qui arrive c’est qu’il n’y a personne de responsable pour une telle affaire. Donc, il y a beaucoup de choses qui tombent entre les cracs, avec les effets dévastateurs qu’on voit en ce moment», mentionne Natalie Stake-Doucet.

La présidente de l’AQII souhaite un plus grand leadership pour mettre en place un plan d’action favorisant la collaboration entre les patrons et les employés sur le terrain en ce qui a trait aux conditions de travail, entre autres.

«Si moi je veux proposer des mesures de rétention dans le CIUSSS où je travaille, à qui je propose ça? Ce n’est pas toujours clair. [...] Souvent, on se fait virer de bord et on se fait dire c’est ''ah, ça, ce n’est pas responsabilité, c’est à quelqu’un d’autre''», résume-t-elle.

«Le système de santé au Québec est reconnu comme étant très opaque [ailleurs] au Canada. C’est très difficile de savoir qui fait quoi, comment aller chercher les données dont on a besoin...», ajoute Mme Stake-Doucet.

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