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Traumatisée par la contrainte du temps supplémentaire

Traumatisée par le temps supplémentaire obligatoire (TSO), une jeune infirmière en congé parental à qui l’employeur demande de revenir travailler se dit incapable d’y retourner et pense abandonner sa carrière, même si la pression sur le réseau empire de jour en jour.

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« Aujourd’hui, ce n’est plus la COVID qui me fait peur, c’est le temps supplémentaire obligatoire. J’adore mon emploi, je ne veux pas m’en aller, mais je n’en peux plus », laisse tomber une infirmière de 29 ans de l’Hôtel-Dieu de Lévis, qui a accepté de témoigner sous le couvert de l’anonymat.

« Opportunité » 

Lundi dernier, la jeune femme en congé parental, sans solde, a reçu une lettre de son employeur, le CISSS de Chaudière-Appalaches.

« L’opportunité vous est donc offerte dès maintenant de suspendre votre congé pour réintégrer votre emploi le temps nécessaire pour la gestion de cette 5e vague ou le temps que vous souhaitez nous offrir », peut-on lire dans la missive.

Pour passer à travers la 5e vague, Québec cherche 2500 travailleurs, soit 1000 dans les hôpitaux et 1500 dans les CHSLD, alors qu’il manque près de 15 000 employés dans le réseau de la santé, indiquait le ministre de la Santé en conférence de presse, mercredi. 

Mais, pour l’infirmière qui travaillait enceinte au début de la pandémie, la requête ne passe tout simplement pas.

« Ils font passer ça pour une “opportunité” alors que c’est une demande, ils essaient encore une fois de nous amadouer et de nous manipuler, au lieu de nous dire la vérité et de demander notre aide », pense-t-elle.

Changement 

Après avoir passé près d’une décennie dans le réseau, c’est avec le cœur brisé qu’elle songe à changer de carrière.

« Si on abolissait le TSO, je retournerais travailler demain matin. Mais là, avec deux enfants et un conjoint qui travaille sur la route, je fais quoi s’il n’est pas là et que je dois rester au travail ? Nous n’avons personne pour les garder », explique-t-elle.

Elle a donc décidé de profiter de son congé parental pour tenter de trouver un travail qui lui plairait autant que celui d’infirmière.

« Je regarde le domaine des assurances. Même si c’est plate d’arrêter ma carrière d’infirmière, je n’ai pas l’impression d’être juste un numéro. J’ai l’impression que mon travail est apprécié », ajoute-t-elle.

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